Le PS renforce son ancrage idéologique à gauche

Le PS a mis sous toit son nouveau programme de parti lors d'un congrès ce week-end à Lausanne. Votée par les délégués, la nouvelle charte réaffirme les valeurs socialistes et la volonté de participer à l'intégration européenne. Elle fixe aussi le principe de l'abolition de l'armée.

01 nov. 2010, 11:57

La feuille de route qui doit servir de boussole à toute une génération a été adoptée par 420 voix contre 5 et quinze abstentions au terme de deux jours de débat. «Nous avons mis en place des aiguillages importants», a déclaré Christian Levrat. «Ce programme doit accompagner notre action politique et ne pas finir aux oubliettes». La nouvelle charte exige un service public fort et un renforcement de l'Etat social préventif. A la demande de la Jeunesse socialiste, le «socialisme démocratique» et le «dépassement du capitalisme» y figureront comme valeurs fondamentales en lieu et place de la démocratie économique prônée par le comité directeur.

Postulant une abolition pure et simple de l'armée, la feuille de route ancre également la volonté du PS de lancer rapidement des négociations d'adhésion avec l'Union européenne. Les avantages l'emportent sur les inconvénients, pour autant que les cautèles soient suffisantes, ont estimé les délégués. Le congrès a aussi adopté le principe du revenu minimum garanti, ainsi que le vote et l'éligibilité à seize ans. Il a approuvé le lancement d'initiatives en matière de politique extérieure.

Les participants ont en revanche refusé d'ancrer dans le programme une rupture avec le système des trois piliers et la semaine de 35 heures. La refonte du programme de 1982 avait fait l'objet de mille amendements de la base. Les délégués, qui ont examiné les 375 propositions retenues pour les débats, ont suivi dans la majorité des cas le comité directeur. L'assemblée a également approuvé le lancement d'une initiative pour une caisse maladie publique dans le cadre d'une large alliance politique. La récolte des signatures pourrait démarrer en janvier.

L'initiative et le contre-projet pour le renvoi des étrangers criminels, soumis au vote le 28 novembre ont donné lieu à un débat très émotionnel.

A son terme, les délégués se sont prononcés en faveur du double non, tout en préconisant de cocher le contre-projet dans la question subsidiaire. Simonetta Sommaruga qui s'exprimait pour la première fois en tant que conseillère fédérale à la veille de son entrée en fonction, avait pourtant demandé au congrès de soutenir le contre-projet. Dans son discours, elle a déclaré vouloir faire de l'intégration sa priorité.

La cheffe du Département fédéral de justice et police (DFJP) s'est dite surprise par la nouvelle répartition des départements. Mais pour elle, il ne fait aucun doute qu'elle s'en «entichera» rapidement. «Ce département est le garant de l'état de droit, une tâche noble et essentielle à mes yeux», a-t-elle souligné. Les délégués ont d'ailleurs décidé ce week-end que la question de la participation du PS au Conseil fédéral sera traitée dans un congrès extraordinaire. Il se déroulera en novembre 2011 entre les élections fédérales et l'élection du gouvernement.

Le président du parti Christian Levrat a rappelé que les socialistes ont droit à deux sièges, mais qu'il faudra se battre pour les garder. Présente samedi la conseillère fédérale Micheline Calmy-Rey a encouragé l'assemblée: «Ne baissons pas les bras. Economiesuisse a ses représentants au Conseil fédéral. Nous avons besoin d'un parti socialiste fort et soudé».

Enfin, le PS a réélu ses instances dirigeantes. La Jeunesse socialiste qui a doublé ses effectifs en deux ans a pour sa part annoncé que son initiative 1:12 a abouti. Le texte qui veut limiter les hauts salaires dans les entreprises a récolté quelque 125 000 signatures. /ats