La rédaction du «Nouvelliste» et son rédacteur en chef Vincent Fragnière reçoivent le prix Jean-Dumur 2021

La nouvelle est tombée mercredi soir. Le jury du prix Jean-Dumur a décidé de récompenser la rédaction du «Nouvelliste» et son rédacteur en chef Vincent Fragnière. Un choix motivé par l’évolution du titre, son courage journalistique, sa capacité à innover et des enquêtes marquantes.
17 nov. 2021, 18:06
L'AVF fête ses 100 ans, en cette occasion les médias Valaisans  élisent le footballeur du siècle à la salle Recto-Verso à Grône.
Ici  Vincent Fragnière, rédacteur en chef du Nouvelliste.

Louis  Dasselborne/Pigiste/Le Nouvelliste

La rédaction du «Nouvelliste» et son rédacteur en chef Vincent Fragnière sont les lauréats du Prix Dumur 2021, le plus prestigieux prix journalistique de Suisse romande.

En bon capitaine, le Valaisan relève immédiatement le travail de toute une équipe, actuelle et passée. «Cette distinction m’inspire un sentiment de fierté pour l’ensemble de ma rédaction et de mes adjoints.» Reste que sans meneur qui donne l’envie d’avoir envie, prendre une direction et maintenir le cap pour décrocher un tel prix serait impossible.

Travail d’enquête et courage journalistique

«Soigner la proximité avec son terroir sans avoir peur de déplaire: c’est le tour de force réussi ces dernières années par «Le Nouvelliste», résume le jury du prix. Pour rappel, le quotidien valaisan fait partie, au même titre qu’«ArcInfo» et «La Côte», du groupe ESH Medias. Le communiqué diffusé mercredi, détaille plusieurs éléments pour expliquer ce choix.

D’abord, c’est le travail d’enquête et le courage journalistique du quotidien valaisan qui sont salués. Avec à la clé des affaires retentissantes allant des constructions illégales de Verbier aux maltraitances en EMS, en passant par les effets des pesticides épandus dans les vignobles valaisans sur la santé du voisinage.

Une mue numérique saluée

Courage aussi dans le bras de fer qui a opposé le journal au FC Sion durant trois saisons. Le jury parle d’un «média cantonal affranchi des tutelles historiques qui pesaient sur lui, au risque de fâcher quelques puissants». Vincent Fragnière relativise, «Le Nouvelliste» ne résiste pas aux puissants. Il fait son travail en toute indépendance.»

La capacité du «Nouvelliste» à innover et à se remettre en question dans son traitement de l’actualité régionale a fini de convaincre le jury du prix Jean-Dumur 2021. Sa mue numérique est qualifiée d’exemplaire. «Aujourd’hui, il peut se targuer d’être un média complet produisant notamment des vidéos de qualité. Avec audace, il tente de nouvelles narrations, à l’image de la série «Les rires au mayen» publiée à l’été 2021.»

Un chef qui ne jure que par le collectif

Pour la première fois dans l’histoire du prix Jean-Dumur, attribué depuis 1987, le sacre va en même temps à une rédaction et à son rédacteur en chef. «Pour moi, ça montre bien que l’un ne peut rien faire sans l’autre», lâche Vincent Fragnière. «J’ai également une pensée pour toutes celles et tous ceux qui m’ont accompagné à la tête du «Nouvelliste» depuis presque huit ans et qui ont aujourd’hui choisi de relever d’autres défis.»

Le bonhomme a beau avoir joué un rôle décisif dans l’évolution du titre depuis son arrivée à la rédaction en chef en 2014, il ne jure décidément que par le collectif. «C’est une belle reconnaissance pour le journal au sein de la profession mais aussi auprès du public de toute la Suisse romande.» Une distinction qui tombe le jour du 118e anniversaire de la toute première édition du «Nouvelliste valaisan».

Trois questions à Vincent Fragnière, rédacteur en chef du «Nouvelliste»

Le jury du prix Jean-Dumur 2021 relève le courage journalistique du «Nouvelliste» et de son rédacteur en chef, en faut-il vraiment?

Plutôt que de parler de courage, je dirais qu’on fait simplement notre travail. C’est tout. Il est toutefois important de souligner que l’éditeur du «Nouvelliste», ESH Médias, nous permet de le faire sans pression et sans mettre de limite. Quand nous sommes arrivés à la rédaction en chef avec Sandra Jean en 2014, on nous a garanti cette liberté rédactionnelle et en bientôt huit ans jamais cette promesse n’a été remise en cause.

Dire que tout ne va pas bien en Valais, c’est prendre un risque quand on est le quotidien valaisan?

Toute autre manière de faire n’est pas crédible. «Le Nouvelliste» doit bien entendu montrer ce que le Valais fait de bien. Il doit expliquer les enjeux cantonaux importants au public, mettre en lumière ses transformations, alimenter le débat et être utile au quotidien des Valaisans. Mais il doit aussi traiter des dysfonctionnements dans la région, car il n’y a aucun canton où tout fonctionne toujours bien.

Quand un média parvient à améliorer une situation et à faire bouger les choses en enquêtant sur un sujet, c’est particulièrement gratifiant et cela démontre l’utilité du journalisme.

Après ce prix, à 47 ans, après quoi court le rédacteur en chef du «Nouvelliste»?

Monter en première ligue avec l’équipe féminine que j’entraîne. (Rires.)

Ce qui est certain, c’est que je ne suis pas moins motivé après ce prix. Il y a toujours de nouveaux défis à relever. Le plus grand étant de démontrer jour après jour que «Le Nouvelliste» sert aux gens qui le lisent. Nous devons capitaliser sur ce prix pour fidéliser nos abonnés numériques et papier et en convaincre de nouveaux, pour renforcer l’image du journal et motiver l’ensemble de la rédaction.


par Patrick Ferrari