Initiative contre le mitage: pourquoi les Suisses ont-ils voté non le 10 février dernier?

Pourquoi les Suisses ont-ils refusé l'initiative contre le mitage le 10 février dernier? Avant tout parce que la législation en vigueur était, selon eux, suffisante, rapporte une analyse publiée jeudi.

28 mars 2019, 10:11
Les Suisses ont principalement voté non parce qu'ils jugent la législation en vigueur suffisante pour lutter contre le mitage urbain.

Les Suisses ont refusé l'initiative contre le mitage, le 10 février dernier, car ils estimaient que la législation en vigueur est suffisante, selon l'analyse VOTO. Les penchants politiques des votants ont aussi joué un rôle important dans ce scrutin.

Pour plus de 80% des sondés, le paysage et les terres agricoles doivent être mieux protégés, selon les résultats de l'analyse VOTO publiée jeudi. Mais les Suisses ont tout de même rejeté l'initiative à 63,7%.

Ils ont principalement voté non parce qu'ils jugent la législation en vigueur suffisante pour lutter contre le mitage urbain. Selon une majorité des votants, l'initiative était aussi trop restrictive et aurait instauré trop de réglementations.

Les personnes proches des Verts, qui avaient lancé l'initiative, ont voté oui à 91%. En revanche, 80% des personnes se sentant des affinités avec les partis bourgeois ont refusé l'objet. Les partisans du PS et des Vert'libéraux ont été plus partagés: ils ont soutenu chacun à 53% l'initiative.

Oublié de voter

66% des personnes qui ont accepté l'initiative l'ont fait pour des raisons environnementales. Et 10% considérait la législation en vigueur insuffisante.

Avec 37,9%, le taux de participation à la votation est relativement faible. 44% des personnes qui n'ont pas voté expliquent qu'ils ont oublié de le faire. 34% n'ont pas pu aller voter car ils étaient malades ou en vacances. Pour 32%, c'est le manque d'intérêt pour l'objet qui les a tenus éloignés des bureaux de vote.

Pour se renseigner sur les enjeux du scrutin, les Suisses ont principalement consulté les journaux (89%) et la brochure fédérale (87%). Les émissions de TV (78%) et celles de radio (69%) ont aussi été une source importante d'information. Les médias sociaux ont, quant à eux, joué un rôle secondaire dans cette votation: seuls 22% des votants y ont eu recours pour s'informer.