Délicat compte à rebours avant le retrait des troupes

Une semaine après le mémorandum signé à Minsk, l'armée ukrainienne et les rebelles prorusses se préparaient dimanche à éloigner leurs troupes de la ligne de front. Mais les conditions d'une trêve totale des affrontements ne paraissaient toujours pas remplies.

28 sept. 2014, 19:06
Le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov soutient l'apaisement avec les pays occidentaux.

Le 20 septembre, Kiev, Moscou, les rebelles et l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) s'entendaient sur le fait de mettre un terme aux combats. Les belligérants ont donc engagé samedi à 18h00 (17h00 en Suisse) un compte à rebours de 24 heures, durant lesquelles un "silence" total doit s'imposer.

Mais "des bruits d'explosion" ont retenti dimanche matin dans le centre de Donetsk, la principale ville aux mains des prorusses dans l'est de l'Ukraine, a rapporté la mairie. Elle avait déjà fait état samedi d'un civil tué par un tir d'obus.

Ces affrontements sont sans commune mesure avec la violence qui prévalait dans l'est de l'Ukraine jusqu'au cessez-le-feu initial, signé le 5 septembre à Minsk (Biélorussie). Depuis cette date, au moins 44 civils et militaires ont péri, selon un décompte de l'AFP. Ce chiffre est à comparer avec le bilan de 3'200 morts donné par l'ONU pour l'ensemble des combats qui ont débuté en avril.

Zone tampon de 30km

Le mémorandum de Minsk prévoit le retrait des armes lourdes (pièces d'un calibre supérieur à 100mm) à au moins 15km de la ligne de front, créant ainsi une zone tampon de 30km de large.

La trêve est négociée avec des militaires russes dans la localité de Soledar, au nord de Donetsk, en zone sous contrôle ukrainien. L'armée russe a convaincu les rebelles d'observer la trêve, selon la chaîne de télévision privée ''Ukraïna''.

Reconnaissant l'influence qu'elle a sur les séparatistes, l'armée russe a promis d'agir pour les convaincre d'observer le cessez-le-feu. "Nous allons les convaincre, les raisonner. C'est le plus important", a promis à la télévision ukrainienne le général russe Alexandre Lentsov, chef des négociateurs de Moscou.

Mais le porte-parole de l'armée ukrainienne, Andriï Lyssenko, a évoqué l'existence "de groupes qui ne sont soumis à aucune autorité, agissent à leur guise et viennent bombarder nos positions", selon des propos rapportés par le quotidien "Ukraïnska Pravda".

Le règlement politique piétine

Si l'accalmie se confirme sur le plan militaire, en revanche le règlement politique du conflit piétine: les indépendantistes, qui occupent une zone d'environ 230km sur 160 le long de la frontière russe, ont rejeté l'offre d'un "statut spécial" faite par Kiev. Selon des analystes, cette zone représente environ 3% du territoire de l'Ukraine et 9% de sa population.

Interrogé sur la chaîne Kanal 5, le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, a assuré que son pays n'avait "aucune volonté de poursuivre la guerre des sanctions et les échanges de coups" avec les pays occidentaux au sujet de l'Ukraine.

Samedi à la tribune de l'ONU, le ministre avait eu pourtant des mots très durs, déclarant que l'Ukraine était "victime" de la "politique arrogante" des Etats-Unis. Avec les Européens, Washington avait soutenu le "coup d'Etat" aboutissant en février au départ du président prorusse Viktor Ianoukovitch.