Manifestation de colère

Les Pakistanais descendent dans la rue pour dénoncer un raid américain qui a tué 18 civils. La cible visée: le numéro 2 d'Al-Qaïda Aymar al-Zawahiri serait vivant Des milliers de personnes ont protesté hier à travers le Pakistan contre un raid américain qui a tué 18 civils vendredi, sans atteindre sa cible principale, le nunéro 2 d'Al-Qaïda, Ayman al-Zawahiri. Le sénateur John McCain a offert les excuses de Washington.

16 janv. 2006, 12:00

Environ 200 personnes se sont rassemblées dans la capitale Islamabad et 5000 à Karachi, ville la plus peuplée du pays, à l'appel des l'alliance des formations religieuses anti-américaines Muttahida Majlis-e-Amal (MMA). Plusieurs autres groupes non religieux se sont joints aux manifestations comme le Mouvement Muttahida Qaumi (MQM), membre de l'alliance politique au pouvoir.

Quelques 200 personnes se sont aussi rassemblées devant le consulat général des Etats-Unis à Lahore (est), environ 500 à Pesahawar (nord-ouest), quelque 300 à Multan (centre). Les protestations se sont toutes déroulées dans le calme.

Protestation officielle

«Nos dirigeants sont des lâches et des vassaux de l'Amérique»..., scandaient les manifestants qui brandissaient des banderoles dénonçant le «bombardement du Pakistan, résultat de la politique du président Pervez Musharraf» ou appelant à «Expulser les soldats terroristes américains du Cachemire et d'Afghanistan».

Samedi, le gouvernement pakistanais avait officiellement protesté contre la frappe -- probablement effectuée par des drones de la CIA -- survenue vendredi dans la localité de Damadola, dans une zone tribale du nord-ouest du Pakistan réputée abriter des militants du réseau terroriste.

«Nous voulons assurer nos concitoyens que nous ne tolèreront plus de tels incidents», avait aussi indiqué le ministre de l'Information, Sheikh Rachid Ahmed, regrettant la mort de civils. Il avait ajouté que ce type d'opération était jugé «hautement condamnable».

Un influent sénateur américain, John McCain, a offert hier les excuses des Etats-Unis au Pakistan. «Nous nous excusons, mais je ne peux pas vous dire que nous ne recommencerions pas», a déclaré le sénateur, qui appartient au même parti républicain que le président Bush, sur la chaîne de télévision CBS.

«Nous le regrettons. Nous comprenons la colère que ressentent les gens, mais les priorités des Etats-Unis sont de se débarrasser d'Al-Qaïda, et cela (la frappe) faisait partie de nos initiatives en ce sens», a ajouté le sénateur. Le gouvernement pakistanais avait estimé improbable la mort d'Al-Zawahiri, dont la tête est mise à prix 25 millions de dollars par les Etats-Unis. Le chef terroriste, qui se serait déjà rendu dans cette zone, n'aurait pas été présent au moment du raid, selon des sources proches des services de renseignement pakistanis. Par la suite, la chaîne de télévision satellitaire Al-Arabiya a annoncé, sur la foi d'«une source ayant des contacts avec Al-Qaïda», que le lieutenant d'Oussama ben Laden était bien vivant. Côté américain, le «Washington Post» citait hier des sources des renseignements américains disant qu'il était «trop tôt pour savoir si la frappe avait tué al-Zawahiri». / ats-afp-reuters