Le Japon traumatisé par le nucléaire commémore la bombe d'Hiroshima

Des dizaines de milliers de personnes ont commémoré lundi le bombardement atomique sur Hiroshima, il y a 67 ans.

06 août 2012, 07:32
Quelque 50000 personnes ont participé à la cérémonie officielle, et des milliers d'autres aux nombreuses manifestations, concerts ou forums organisés à travers Hiroshima, ville-symbole de l'opposition à l'arme nucléaire.

Cette année, la commémoration d'Hiroshima s'est déroulée sur fond de contestation croissante du nucléaire dans le Japon d'après la catastrophe de Fukushima.

Survivants, parents de victimes, membres du gouvernement et invités étrangers ont assisté à la cérémonie annuelle au Mémorial de la Paix, érigé sur le lieu de l'explosion. A 8h15, le carillon d'une cloche a signalé le début d'une minute de silence, à l'heure précise où, le 6 août 1945, le bombardier américain Enola Gay avait largué sa bombe qui avait transformé cette ville de l'ouest du Japon en un enfer nucléaire. 140000 personnes trouvèrent la mort.
 
Sur les trottoirs, les passants se sont arrêtés un instant pour s'incliner légèrement et prier les mains jointes, sous une chaleur torride.
 
Quelque 50000 personnes ont participé à la cérémonie officielle, et des milliers d'autres aux nombreuses manifestations, concerts ou forums organisés à travers Hiroshima, ville-symbole de l'opposition à l'arme nucléaire.
 
Une de ces manifestations, qui a regroupé environ 700 personnes, a réuni des survivants d'Hiroshima et des habitants des environs de la centrale nucléaire Fukushima Daiichi évacués après l'accident nucléaire du 11 mars 2011.
 
La plupart des survivants de la bombe, connus sous le nom de "hibakusha", s'opposent fermement à tout usage de l'atome. "Nous voulons travailler avec les gens de Fukushima. Joindre nos voix pour que le nucléaire ne fasse plus jamais de victimes", a affirmé un de ces survivants, Toshiyuki Mimaki, 70 ans.
 
Le Japon est le théâtre d'un mouvement de contestation antinucléaire de plus en plus puissant depuis que le Premier ministre, Yoshihiko Noda, a décidé en juin de redémarrer deux réacteurs atomiques.
 
M. Noda a justifié cette décision par le risque de pénurie d'électricité. Le Japon, qui avant Fukushima s'était lancé dans une politique de développement du nucléaire pour pallier son manque de ressources énergétiques, a dû se passer de la totalité de ses 50 réacteurs en mai et en juin.
 
Les 48 autres restent arrêtés, soit à cause d'un séisme, soit en raison de mesures de précaution supplémentaire exigées par les autorités après la catastrophe du 11 mars.
 
 
La commémoration:

La tragédie: