Kambly célèbre un siècle de biscuits helvétiques

Il y a 100 ans, Oscar R. Kambly sillonnait la Suisse à pied pour faire connaître le «Bretzeli». Cette année, l'entreprise de biscuit qu'il a cédée à ses héritiers célèbre un siècle d'existence.

03 nov. 2010, 11:16

Des centaines de petits carrés aux noisettes entières défilent sur le tapis roulant, prêts à être enfournés et à éveiller les papilles gustatives. Bienvenue dans l'univers de Kambly, entreprise familiale du biscuit fin dans l'Emmental, qui célèbre cette année ses 100 ans.

Farine du vieux moulin de Trubschachen, village bernois de l'entreprise, et sucre sont déversés en quantité exacte selon l'ordinateur dans d'énormes récipients. Un employé y incorpore délicatement beurre de la fromagerie du village, extraits de vanille et sel, comme concocte grand-maman. Sans oublier les œufs, préalablement cassés et pasteurisés par une entreprise spécialisée.

Les quatre mixeurs de la fabrique mélangent avec leurs bras géants les ingrédients. Sans bruit, ou presque. Les masses, d'une centaine de kilos, chutent à l'étage inférieur via un tube métallique, que montre Rudolf Winzenried, secrétaire général de Kambly. Au rez-de-chaussée, de petites mains apprêtent et façonnent la pâte selon un secret de la maison bien gardé... et donc dans une pièce non dévoilée. Minutieusement, deux employés alignent et retirent les pièces inégales. Les gourmandises les plus élégantes poursuivent leur chemin sur 40 mètres encore. Six lignes de production, assurant une confection 24 heures sur 24, conduisent au produit final. Une seule fonctionne pour l'heure. Quelque 145 000 paquets de biscuits sortent chaque jour de la fabrique.

De par le caractère non cyclique du marché alimentaire, Kambly n'a que peu pâti de la récession de 2009, mais souffre en ce moment de la chute de l'euro. «Des mesures contre son impact seront évaluées pour chacun des marchés», indique Rudolf Winzenried, sans plus de précisions. La société réalise la moitié de son chiffre d'affaires annuel, de plus de 160 millions de francs, à l'exportation, principalement sur le Vieux Continent.

L'assortiment complet de Kambly est élaboré dans la grande cuisine de Trubschachen, qui compte plus de 300 emplois à temps plein. Environ 120 autres postes sont répartis entre la fabrique de Lyss, qui produit les biscuits de la marque Coop, et la filiale française chargée de la vente et du marketing dans l'Hexagone. Dans la fabrique emmentaloise, le four n'est pas semblable à celui du premier Oscar Kambly. Les pièces affluent à vive allure sous une grille chauffante. Quelques minutes de cuisson, et une odeur savoureuse, légèrement moelleuse, de biscuits chauds se dégage. Celle qui s'ensuit quelques mètres plus loin se révèle moins alléchante. Les sablés aux noisettes ont filé dans un tunnel de refroidissement. Et doivent franchir un nouveau poste de contrôle. Deux dames écartent les gâteaux imparfaits, qui seront vendus au magasin d'usine.

A une cadence effrénée, un robot, semblable à un gros tentacule, aspire une à une avec son embout en caoutchouc les friandises qui déferlent. Les pièces traversent une bande lumineuse. Alerté, l'engin, connaissant la vitesse à laquelle circule le tapis, sait alors quand et où les saisir. Il les dépose dans des barquettes.

Direction le «check-in». Remplies, les boîtes heurtent une barre métallique de quelques centimètres à même de détecter une petite vis qui serait tombée malencontreusement dans la pâte. Et qui casserait une dent aux gourmands.

Le rouleau de film gris enveloppe les barquettes, qui se faufilent ensuite dans un carton. Parées, les boîtes s'en vont vers les fines bouches de plus de 50 pays à travers le monde. /ZSC-ats