«Souvent, les migrantes sont mal informées de leurs droits»

Informer les migrantes de leurs droits et susciter des témoignages de leur part, tel était l'objectif de l'après-midi d'information organisé jeudi. A l'origine de la rencontre: la Communauté de travail pour l'intégration des étrangers. «Que peut-on faire face à un mari violent? Comment s'en sortir quand pèse au-dessus de notre tête la menace de l'expulsion de la Suisse?»: voici quelques questions posées lors de l'après-midi d'information organisée jeudi à La Chaux-de-Fonds par la commission Migrations féminines de la Communauté de travail pour l'intégration des étrangers (CTIE).

13 avr. 2008, 12:00

Une quarantaine de migrantes et quelques hommes ont participé à la rencontre qui s'est déroulée dans une ambiance conviviale, malgré la gravité des sujets abordés. «Il était très important que chacune des participantes se sente à l'aise et puisse s'exprimer librement», insiste Oriane von Gunten, collaboratrice au Service du délégué aux étrangers.

«Le plus souvent, les migrantes sont mal informées de leurs droits, c'est ce constat qui nous a poussés à mettre en place cette séance», explique Josiane Jemmely, membre africaine de la CTIE et responsable du dossier «migrantes».

Au programme, plusieurs interventions autour de trois thèmes: violences conjugales, mariages forcés et mutilations génitales. «C'est la première fois que des thèmes sensibles comme les mariages forcés et surtout l'excision sont abordés lors d'une séance d'information dans le canton de Neuchâtel. Même si ces deux pratiques y sont rares, il est important d'en parler», précise Josiane Jemmely. «Grâce à l'évolution des m?urs et à l'épanouissement de la femme dans le travail notamment, on hésite moins à parler de ces tabous.»

En l'espace d'une après-midi, les migrantes ont été sensibilisées aux droits fondamentaux dont elles disposent en tant que femmes. «Lorsqu'on sait qu'en Suisse, une femme sur cinq est victime de violences physiques, on comprend tout l'intérêt de la rencontre», s'exclame Thomas Facchinetti, délégué cantonal aux étrangers.

«Il est important de rappeler quelles sont les différentes solutions pour sortir du cercle infernal de la violence», explique Lise Gerber, collaboratrice à l'association Solidarité femmes. «Les victimes sont désemparées, perdues et éprouvent souvent un sentiment de honte. Quand elles viennent nous voir, elles ont beaucoup de difficultés à en parler.»

Les organisateurs se félicitent du succès rencontré par ce genre de réunion. Une participante soudanaise confirme: «Je participe souvent à ces séances d'information, c'est très intéressant, on nous explique les différentes lois et procédures qui existent, c'est essentiel.» / EDI