La retraite va de l'avant

L'encouragement à la retraite anticipée pour la fonction publique a été accepté. Pas d'élargissement au personnel des hôpitaux et des établissements spécialisés Contesté dans sa première version, le projet remanié d'encouragement à la retraite anticipée pour la fonction publique a obtenu hier le soutien du plénum. Un des derniers obstacles à l'approbation du budget 2007 (qui sera voté aujourd'hui) a ainsi été levé.
01 août 2015, 23:32

Mais tout n'a pas coulé de source. Un après-midi de débats a été nécessaire aux députés avant qu'ils n'adoptent le projet.

Renvoyé en commission lors de la session d'octobre, il y a été amendé pour tenir compte des griefs formulés par la droite parlementaire. Par rapport à la première version, le nombre de postes qui ne seront pas repourvus après un départ à la retraite passe de un sur trois à deux sur trois. En outre, les budgets des années 2007 à 2009, période sur laquelle porte l'action, devront présenter une diminution de charges de personnel équivalente aux coûts engendrés. Ainsi, l'opération sera financièrement neutre. Pourront en bénéficier les employés de la fonction publique, ceux de l'université et les enseignants âgés entre 58 et 60 ans.

Approbation avec réserve

Président de la commission spécialement constituée pour retravailler le projet, Pierre-Alain Storrer a salué les concessions faites de part et d'autre de l'hémicycle pour aboutir à un consensus. Un équilibre délicat «qui ne peut être modifié qu'avec prudence et délicatesse», a-t-il prévenu. Pas question de le déséquilibrer avec de nouveaux amendements.

Tout en relevant qu'il ne partageait pas entièrement la philosophie du projet, le groupe libéral a cependant admis que l'opération atteignait son but grâce à la compensation des coûts.

Le PS a parlé, lui, d'un «projet équilibré», négocié avec les intéressés, garantissant le maintien des prestations de l'Etat et la qualité du travail du personnel.

Loin d'être aussi enthousiaste, le groupe radical a fait part de sa crainte qu'une fois le projet accepté, la masse salariale ne soit plus réduite de 10%, comme l'envisagent les objectifs de législature du Conseil d'Etat.

Position antagoniste du côté du POP, qui a déploré un travail fait dans la précipitation, faute de temps. Un résultat qui «laisse perplexe» le POP, lequel estime que la «rédaction ambiguë» du texte permettra d'aller au-delà d'une diminution de 200 postes, si davantage que 300 personnes partent en retraite anticipée.

Emballée

Autant l'ancienne version du projet ne lui plaisait pas, autant l'UDC s'est déclarée satisfaite de la nouvelle mouture, estimant qu'elle permettrait de restructurer «vite et bien».

«C'est ensemble que nous réussirons cette réforme», a plaidé finalement Jean Studer. Un ministre des Finances qui a été largement suivi, puisque le vote final donnait une majorité de 87 voix contre huit à la retraite anticipée. / DJY

Les oubliés du projet

Pourquoi les employés de l'Hôpital neuchâtelois et des établissements spécialisés ne pourraient-ils pas profiter du projet de retraite anticipée?

La question a été diversement posée. Le libéral Rolf Graber a ainsi noté que ces institutions paraétatiques étaient également confrontées aux économies dictées par le Conseil d'Etat, mais sans disposer de «l'instrument de la fonction publique», alors qu'elles «doivent arriver aux mêmes résultats». Le radical Damien Cottier a pareillement relevé une «inégalité de traitement», une «distorsion crasse» entre les entités.

Marianne Ebel (Solidarités) a bien proposé un postulat visant à ce que le personnel concerné bénéficie des mêmes droits que la fonction publique. Pas possible, rétorque Jean Studer. Bien que l'Etat subventionne, il n'est pas employeur. L'initiative doit donc venir de l'autre côté. «Notre rôle est d'y être attentif, le cas échéant, d'apporter un soutien financier.» / djy

Les sites de la HE-Arc menacés

L'avenir de la Haute école Arc (HE-Arc) inquiète le monde politique neuchâtelois.

Rapporteur de la commission des affaires extérieures, Jean-Carlo Pedroli n'a pas caché sa crainte quant aux incertitudes du maintien des sept sites interjurassiens de la HE-Arc. Laquelle «est dans sa quasi-totalité l'école la plus chère en coût par élève», a-t-il remarqué, se basant sur des informations reçues par sa commission fin novembre. «A court terme, cette situation ne peut continuer.» Et d'entrevoir, sans enthousiasme, comme issue une concentration de l'école sur un site unique. «Il est très vraisemblable que cela sera plus que difficile.»

Partition peu harmonieuse

Et le rapporteur de la commission des affaires extérieures d'enchaîner que, dans ce contexte, la transformation du conservatoire en Haute Ecole de musique (HEM) devient de moins en moins réaliste. «Pour cette HEM, il manque sept millions», déplore-t-il.

«Les bras m'en tombent», a-t-il avoué, en soulignant qu'il devenait de plus en plus urgent de trouver une solution.

La question des effectifs est au centre du problème. Le Conseil fédéral a soutenu dès la création du réseau des hautes écoles spécialisées qu'un nombre de 500 élèves par site était souhaitable.

Plusieurs scénarios sont actuellement examinés par la HE-Arc. Ils seront connus prochainement. / djy

Réinsertion: l'essentiel!

La veille, le Conseil d'Etat se serait peut-être contenté des 69 voix requises par la majorité qualifiée. Hier soir, c'est un soutien quasi unanime (106 voix sans opposition) qu'a reçu son rapport sur l'insertion professionnelle des moins de 30 ans.

Un document il est vrai «rétréci» par rapport à sa version initiale. Exit la taxe sur la masse salariale destinée à financer le fonds prévu à cet effet. Ni la droite du parlement ni les milieux patronaux n'en voulaient. A la place de 12 millions de francs, «il faudra faire avec» 4,4 millions «récupérés» sur les retraites. Enfin, la mise en oeuvre des mesures fera l'objet d'un rapport dans trois mois. But visé d'ici un an: 150 postes de travail dans le secteur privé et 120 dans le public. / sdx