«Crise d’annulation», l’air du temps de Julie Pellaux

Découvrez la chronique «Air du temps» post-«Fête des vendanges» de Julie Pellaux.
14 oct. 2020, 05:30
AirDutemps-JuliePellaux

Je croyais que l’arrivée des carrousels ferait oublier que, cette année, il n’y aurait pas de Fête des vendanges, et donnerait le change pour le goût de la fête, des barbes à papa et de la musique à plein tube.

Et on y était presque. Des tours de manèges, des sucreries, des mains froides et un tympan perforé, l’après-midi aux «carrous» avait rempli ses promesses. Si ce n’était le soir, au moment du coucher, lorsque j’ai voulu rappeler à ma pétolette à quel point c’était chouette de pouvoir profiter des forains alors que la Fête des vendanges est annulée. Elle m’a regardé avec de grands yeux, qui se sont remplis de larmes. J’ai senti sa colère sourdre de ses petits poings rageurs, frappant son oreiller, et déclamant: «C’est pas juste!»

J’ai compris, à cet instant, qu’elle n’avait réalisé ni l’annulation du grand bastringue d’automne, ni que cette année entière sentirait un peu le confetti moisi. J’ai bien proposé, pour lui remonter le moral, qu’on aille tous, avec son papa, boire des canons sous des haut-parleurs pour l’apéro, en se jetant des confettis et en se courant après, avec un ballon attaché au poignet. «Non, c’est pas ça!» Eh bien non, ce n’est pas que ça, la Fête des vendanges. Il manque les gens… et l’insouciance d’un instant de rencontre.

Et là, c’est soudain moi qui ai eu envie de rager et de me rouler par terre. 

Et je n’ose même pas encore penser à Noël…

par Julie Pellaux