Syrie: les jihadistes occupent plus d'un tiers de Kobané

En Syrie, la ville kurde de Kobane était occupée jeudi à plus d'un tiers par les jihadistes de l'État islamique. Par ailleurs, en Turquie, des incidents violents ont opposé dans la nuit de mercredi à jeudi la police et des manifestants kurdes.

09 oct. 2014, 10:21
Le drapeau de l'Etat islamique flotte sur une colline située à l'est de Kobané.

Les jihadistes du groupe État islamique (EI) occupaient jeudi plus d'un tiers de Kobané, la ville kurde syrienne à la frontière avec la Turquie, après s'être emparés du siège des forces de sécurité kurdes. De son côté, la coalition internationale a procédé à deux nouvelles frappes.

"Malgré une résistance acharnée des forces kurdes, l'EI a avancé durant la nuit et s'est rendu maître de plus d'un tiers de Kobané", a affirmé le directeur de l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH) Rami Abdel Rahmane.

"Les jihadistes se sont emparés de l'immeuble des Assayech (force de sécurité kurdes) dans le nord-est de la ville. Durant les combats, un chef des Assayech et plusieurs de ses hommes ont été tués", a-t-il ajouté. Selon l'OSDH, l'EI se rapproche de ce qui est appelé "le carré de sécurité", où se trouvent des bâtiments officiels et le commandement des Unités de protection du peuple (YPG, la milice kurde).

Depuis lundi, lorsque les jihadistes sont entrés à Kobané, la troisième ville kurde de Syrie est le théâtre de combats de rue féroces mais le rapport de force est défavorable aux Kurdes, l'EI possédant des véhicules blindés et des armes sophistiquées, note cette ONG.

La coalition internationale dirigée par les Etats-Unis a procédé à deux nouvelles frappes aériennes contre une cible des jihadistes, a constaté une journaliste de l'AFP à la frontière turque. Une épaisse fumée s'est immédiatement échappée de l'objectif visé par les avions de la coalition, qui continuaient à survoler Kobané. Nombreuses depuis quelques jours, les frappes aériennes de la coalition n'ont jusqu'ici pas permis de briser le siège.

Incidents en Turquie

De son côté, l'organisation sunnite Etat islamique a affirmé avoir abattu un hélicoptère de l'armée irakienne dans le nord de l'Irak, rapporte jeudi l'organisme de veille sur internet SITE. L'appareil s'est écrasé mercredi près de la raffinerie de Baïji, le plus grande d'Irak.

En Turquie, des incidents violents ont opposé dans la nuit de mercredi à jeudi dans de nombreuses villes la police et des manifestants kurdes qui dénoncent le refus du gouvernement d'Ankara d'intervenir en Syrie, a-t-on appris de sources officielles locales.

Malgré le couvre-feu militaire imposé dans six provinces du sud-est turc à majorité kurde, des centaines de manifestants sont à nouveau descendus dans les rues de Diyarbakir, Batman, Van ou Siirt, où ils ont lancé pierres et projectiles sur les forces de sécurité qui ont riposté avec des canons à eau et des gaz lacrymogènes.

Des incidents similaires se sont déroulés dans d'autres grandes villes du pays comme Istanbul, Ankara ou Mersin, ont rapporté les médias turcs.