Santé: l'Ecosse introduit un prix minimum à l'alcool, une première mondiale

L'Ecosse devient le premier pays au monde à introduire un prix minimum pour l'alcool. Objectif: en combattre les méfaits, notamment la dépendance.

01 mai 2018, 12:15
Cette initiative, qui vise à combattre les méfaits liés à l'alcool, a été saluée par le corps médical et des associations comme le plus grand progrès en matière de santé publique depuis l'interdiction de fumer en public. (illustration)

L'Ecosse est devenue mardi la première nation au monde à introduire un prix minimum pour l'alcool. Une initiative pionnière prise après des années de bataille juridique.

"L'Ecosse est la première nation au monde assez audacieuse et courageuse pour introduire un prix unitaire minimum", a déclaré à l'AFP la Première ministre écossaise Nicola Sturgeon. "Je pense que des pays en Europe et ailleurs chercheront à reproduire ce qui a été fait ici en Ecosse", a-t-elle ajouté, notant que l'Irlande et le Pays de Galles souhaitaient lancer des projets similaires.

Il est désormais fixé un prix minimum de 50 pence (70 centimes) par unité d'alcool. Ainsi, une bouteille de 70 cl de whisky ne pourra pas être vendue en-dessous de 14 livres (19 francs) et une bouteille de 75 cl de vin à 12,5% pas moins de 4,69 livres (6,4 francs).

 

 

Cette initiative, qui vise à combattre les méfaits liés à l'alcool, a été saluée par le corps médical et des associations comme le plus grand progrès en matière de santé publique depuis l'interdiction de fumer en public.

Sauver des vies

"Cette loi sauvera des vies", a déclaré Alison Douglas, directrice générale de l'organisation caritative Alcohol Focus Scotland, qui a prédit qu'elle épargnerait 58 vies la première année de sa mise en oeuvre, et jusqu'à 121 vies "d'ici 20 ans, quand cette politique aura atteint son plein effet".

En 2016, 1265 décès étaient liés à l'alcool en Ecosse, où vivent 5,3 millions de personnes, une augmentation de 10% par rapport à l'année précédente.

Audrey Duncan, une ex-alcoolique de 37 ans, a confié à l'AFP que l'alcool bon marché avait contribué à alimenter sa dépendance.

"Je ne pense pas que le prix minimum m'aurait découragé, mais j'aurais certainement été à court d'argent plus rapidement", a ajouté cette habitante de Glasgow.

Les commerçants ont déclaré qu'ils s'attendaient à des pertes minimes et avaient depuis longtemps anticipé la mise en place de la mesure.

Linda Williams, propriétaire d'un magasin à Edimbourg, estime que la mesure pourrait même contribuer à "mettre au même niveau les supermarchés et les commerces indépendants".

"Il ne pourra plus y avoir les gros rabais sur les spiritueux et les gros packs de bière qui ont vraiment été à l'origine de tous les problèmes avec l'alcool", a-t-elle souligné.