Le gendre de Ben Laden reconnu coupable de soutien au terrorisme

Considéré comme porte-parole d'Oussama Ben Laden, Souleymane Abou Ghaith, son beau-fils, a été reconnu coupable de soutien au terrorisme. Il encourt la perpétuité.
07 août 2015, 13:32
Abu Ghaith a longtemps été considéré comme le porte-parole d'Oussama Ben Laden. Il nie aujourd'hui avoir occupé cette fonction.

Le gendre d'Oussama Ben Laden Souleymane Abou Ghaith a été reconnu coupable mercredi à New York de complot visant à tuer des Américains et de soutien au terrorisme. Sa peine sera prononcée le 8 septembre. L'imam de 48 ans d'origine koweïtienne risque la réclusion à vie.

Après trois semaines d'un procès où l'accusation a repassé à l'envi ses diatribes enflammées, il n'a fallu que quatre heures de délibérations sur deux jours aux douze jurés populaires pour déclarer Abou Ghaith coupable de complot visant à tuer des Américains, complot visant à apporter un soutien à des terroristes et soutien matériel à des terroristes.

Barbe poivre et sel et crâne dégarni, en costume sur chemise bleue à col ouvert, Abou Ghaith, très attentif durant tout son procès, n'a pas montré de réaction particulière à l'énoncé du verdict.

"Homme de confiance" de Ben Laden

Dans son réquisitoire final, le procureur John Cronan l'avait décrit lundi comme un "confident de confiance", un "messager" qui adhérait pleinement à l'idée d'Oussama Ben Laden de tuer des Américains, et s'était fait son porte-voix avec "énergie et passion" pour recruter de nouvelles générations de terroristes après les attentats du 11 septembre 2001 qui avaient fait quelque 3000 morts aux Etats-Unis.

Les preuves sont "claires et accablantes" avait-il ajouté, estimant que les vidéos des discours d'Abou Ghaith suffisaient à elles seules à prouver sa culpabilité.

Pas de complot

La défense du plus important responsable d'Al-Qaïda jamais jugé par un tribunal fédéral américain avait à l'inverse souligné qu'il n'avait tué personne, et estimé que les vidéos étaient "une invitation à spéculer".

Elle avait essayé de convaincre les jurés qu'Abou Ghaith était un homme pieux, parti en Afghanistan avec femme et enfants à l'été 2001 pour "aider les gens dans le besoin". "Certains mots (...) certaines de ses associations peuvent vous donner la nausée, mais cela ne prouve pas un complot pour tuer des Américains", avait insisté son avocat Stanley Cohen.

Plaidoyer surprise

Dans une décision surprise, Abou Ghaith avait longuement pris la parole jeudi dernier pour sa propre défense. Il avait entraîné les jurés médusés dans la grotte où l'avait convoqué Ben Laden le soir du 11-Septembre dans les montagnes afghanes, expliqué que le chef d'Al-Qaïda lui avait alors dit qu'ils étaient responsables des attentats et lui avait demandé de diffuser son message au monde.

Abou Ghaith a reconnu qu'il avait tenu les discours filmés et diffusés après le 11-Septembre, dans lesquels il évoquait notamment une poursuite de la "tempête des avions" et glorifiait les auteurs des attentats.

Mais il avait affirmé qu'il n'avait jamais voulu recruter qui que ce soit, et n'avait jamais voulu tuer des Américains. Il avait aussi affirmé qu'il n'était pas le porte-parole d'Al-Qaïda.

"Je voulais délivrer un message dans lequel je croyais", avait-il déclaré, en dénonçant l'"oppression" des musulmans et expliquant qu'il pensait qu'ils devaient se défendre.