Irak: l'armée a repris plus de 60% de l'est de Mossoul à l'Etat islamique

À l'est de Mossoul, ce sont plus de 60% des secteurs qui ont été repris aux mains des djihadistes par l'armée irakienne. Toutefois, l'Etat islamique contrôle toujours l'ensemble des quartiers ouest de Mossoul. Les attaques à la voiture piégée se poursuivent.
01 janv. 2017, 23:06
Les forces irakiennes ont lancé jeudi la "deuxième phase" de leur offensive, dont l'état-major espère qu'elle lui permettra de reprendre la totalité de la partie orientale de Mossoul. (Illustration)

Les forces irakiennes ont repris environ les deux tiers de l'est de Mossoul aux djihadistes du groupe Etat islamique (EI), a indiqué un chef d'une force d'élite dimanche. Dans le sud du pays, au moins treize personnes ont été tuées et plus de quinze blessées dans une attaque, revendiquée par l'EI, contre un barrage de la police, selon des responsables.

"A l'est de Mossoul (...) plus de 60%" des secteurs ont été repris aux djihadistes, a indiqué le général Abdelwahab al-Saadi, l'un des chefs des forces d'élite du contre-terrorisme (CTS), à son QG de Basakhra, au sud-est de la deuxième ville d'Irak.

Le CTS est le fer de lance de l'offensive des forces irakiennes lancée le 17 octobre pour reprendre Mossoul. Ses soldats à la discipline de fer et surentraînés ont été les premiers à entrer dans la ville début novembre, infligeant un revers de taille à l'EI qui occupe la métropole depuis juin 2014.

Mais les djihadistes opposent une résistance acharnée et contrôlent toujours l'intégralité des quartiers ouest de Mossoul. En outre, la progression de la police et de l'armée, appuyées par des raids de la coalition internationale, est freinée par la présence de centaines de milliers de civils, les voitures piégées et les tireurs embusqués de l'EI.

 

 

Forces réunies

Après une pause de deux semaines, les forces irakiennes ont lancé jeudi la "deuxième phase" de leur offensive, dont l'état-major espère qu'elle lui permettra de reprendre la totalité de la partie orientale de Mossoul.

Le CTS et les Forces d'intervention rapide du ministère de l'Intérieur ont déjà franchi une étape en ce sens en faisant la jonction samedi. Leurs effectifs ont "libéré" les quartiers d'Al-Qods et d'Al-Intisar et se sont rejoints sur un boulevard qu'ils comptent emprunter pour se diriger ensemble vers le fleuve Tigre.

 

 

Attaque à la voiture piégée

Plus au sud, trois assaillants portant des vestes explosives à bord d'une voiture piégée ont attaqué un barrage de police près de la ville de Qadissiyah, selon le ministère de l'Intérieur. En arrivant au barrage, ils ont ouvert le feu, mais "les forces de sécurité ont répliqué, tuant les tireurs et faisant exploser la voiture piégée".

"Ils comptaient se rendre à Najaf pour se faire exploser", a affirmé Saad Maan, le porte-parole du ministère dans un communiqué. Qadissiyah est située à environ 70 km au sud de Najaf, la ville sainte chiite du centre irakien où se trouve le mausolée de l'imam Ali.

Cinq policiers, trois citoyens irakiens et cinq assaillants ont perdu la vie. L'attaque a été revendiquée dans un communiqué par le groupe djihadiste sunnite EI, qui considère les chiites comme des "hérétiques".

Il s'agit de la deuxième attaque revendiquée par l'EI en Irak en 24 heures. Samedi à Bagdad, un double attentat-suicide sur un marché bondé a fait au moins 27 morts et des dizaines de blessés.