Crise migratoire: l'Europe centrale impose un ultimatum à la Turquie

Les pays d'Europe centrale ont affirmé mercredi qu'ils allaient renforcer la protection de leurs frontières si l'accord conclu entre l'UE et la Turquie pour réduire le flux des migrants n'est pas appliqué avec efficacité. Ankara a jusqu'à mi-mars pour agir.

17 févr. 2016, 21:32
La Turquie et l'UE ont signé, fin novembre, un plan d'action pour un meilleur contrôle des frontières turques. (illustration)

Les pays d'Europe centrale ont affirmé mercredi qu'ils allaient renforcer la protection de leurs frontières si l'accord conclu entre l'UE et la Turquie pour réduire le flux des migrants n'est pas appliqué avec efficacité, a annoncé un responsable européen. Ankara a jusqu'à mi-mars pour agir.

"Si un afflux de 1500 à 2000 personnes par jour se poursuit à la mi-mars, il sera clair que la Turquie manque à ses promesses. Et nous aurons besoin d'un autre type de protection de la frontière européenne", a affirmé le secrétaire d'Etat aux Affaires européennes, Tomas Prouza, devant la presse à Prague, à la veille d'un sommet crucial de l'Union européenne (UE).

Grèce démunie

De leur côté, les pays du "groupe de Visegrad" (Hongrie, Pologne, République tchèque, Slovaquie) ont promis à la Bulgarie et la Macédoine de les aider à verrouiller leur frontière avec la Grèce, au cas où la frontière turque ne serait pas sécurisée d'ici mi-mars. Il s'agit de la date du prochain sommet du Conseil européen.

Cette option aurait pour effet de laisser la Grèce en grande partie seule face à l'afflux des migrants. Elle placerait de fait Athènes en dehors de l'espace Schengen de libre circulation.

Le Premier ministre slovaque Robert Fico, lui, a déclaré cette semaine que la Grèce n'était pas en mesure selon lui de "tenir ses obligations en matière de la protection de la frontière de Schengen". Il a offert 300 policiers pour aider la Macédoine et la Bulgarie à protéger leur frontière avec Athènes.

Plan d'action peu soutenu

La Turquie et l'UE ont signé, fin novembre, un "plan d'action". Ce dernier prévoit une aide européenne de 3 milliards d'euros (3,31 milliards de francs au cours actuel) aux autorités turques en échange de leur engagement à mieux contrôler leurs frontières et à lutter contre les passeurs.

Selon ce plan, les réfugiés venant essentiellement de la Syrie et de l'Irak seraient ensuite répartis au sein de l'UE, selon un système de quotas. La plupart des pays de l'UE montrent cependant peu d'enthousiasme pour cette idée.

Le sommet de l'UE de jeudi et vendredi est censé arracher un accord pour éviter une sortie du Royaume-Uni de l'Union. Mais il fera aussi le point sur la crise migratoire qui ébranle l'Europe, sans précédent depuis 1945.