Les internautes suisses, champions de la naïveté sur internet

Les internautes suisses sont parmi les plus imprudents du monde. Seuls les Bulgares et les Biélorusses font pire. Résultat, leurs boîtes mails se remplissent de spams et leurs ordinateurs sont infectés.

30 avr. 2015, 12:56
Les internautes suisses n'hésitent pas à dévoiler leur mot de passe à des inconnus.

Les internautes suisses se font plus souvent piéger que les autres par les pirates de comptes email. Au regard de la population, ils diffusent une grande quantité de pourriels. Seuls les Bulgares et les Biélorusses font moins bien.

Les propriétaires imprudents d'adresse électronique ont le plus souvent révélé eux-mêmes leurs noms d'utilisateur et mots de passe lors d'une attaque de "phishing", ou hameçonnage. Ils ont sinon été victimes d'un maliciel qui s'était glissé dans leur ordinateur. Dans un cas précis, un compte courriel suisse piraté a expédié plus de 18'000 pourriels, ou "spams".

Ce classement mondial, établi par le fabricant d'antivirus Sophos, concerne le deuxième trimestre 2014. Il a été relayé par la Centrale d'enregistrement et d'analyse pour la sûreté de l'information (MELANI) à l'occasion de la publication de son rapport sur les six derniers mois de l'année dernière.

Chambres d'enfants visibles partout

Une autre mise en garde est émise au sujet des webcams, des archives de fichiers, des imprimantes, des scanners et des serveurs de musique ou vidéo. Ces appareils peuvent être raccordés à Internet et devraient donc être protégés, recommande MELANI.

Ce n'est souvent pas le cas. Un incident a fait les gros titres des médias en novembre 2014. Des milliers de webcams, dont 141 en Suisse, avaient été piratées et leurs images pouvaient être visionnées en direct via un site russe.

Si certaines images ne montraient que des entrées de garages, d'autres provenaient de caméras surveillant des chambres d'enfants. Une analyse plus approfondie a révélé que les cyberpirates s’étaient contentés d'utiliser des mots de passe standard. Les utilisateurs avaient négligé de modifier le mot de passe d'origine.