Plaisirs multiples de l'estampe

01 avr. 2008, 12:00

«Au-delà de l'originalité», la table ronde organisée dimanche au Musée des beaux-arts du Locle (MBAL) interrogeait les limites de la reproduction d'une ?uvre, de sa signature et de sa diffusion. En marge de la Triennale de l'art imprimé, qui se termine le 6 avril, Stéphanie Guex a rappelé qu'avant le 19e siècle l'estampe était considérée comme «un diminutif de la peinture».

Didier Rittener a illustré le propos par son livre baptisé «Libre de droit», qui constitue une base d'images dans laquelle tout le monde peut piocher. L'artiste lausannois l'a conçue pour un cycle de conférences sur le droit d'auteur: «Dans ma génération, nous sommes habitués à prendre des images partout comme base de création. Je trouvais intéressant de redistribuer ce travail de la même manière. Comme un glissement géologique.»

La pièce du Zurichois Ian Anüll que l'on peut voir au MBAL en ce moment décline le mot copie en cyrillique. Une manière de mettre à distance le sens, de valoriser la forme, tout en dissimulant le message. Il n'en est pas à son coup d'essai. Lorsqu'il retrouva de vieilles piles de journaux d'Allemagne de l'Est, il les a recouvertes d'un drapeau allemand: «Que l'on pouvait prendre pour un drapeau belge», ironise-t-il.

La lithographie semble aujourd'hui perçue comme une technique archaïque, de moins en moins enseignée dans les écoles d'art et défendue uniquement par quelques éditeurs passionnés, comme l'imprimeur Reynald Mettraux. Il lui arrive d'inviter des artistes tout à fait étrangers à cette technique, comme Didier Rittener: «Je suis toujours curieux des images qui peuvent surgir, des connexions que l'on ne contrôle pas. Je me suis amusée à laisser traîner mes doigts sur la pierre.» Et quand «Révolution» est arrivé jusqu'au Locle, certains se sont demandé qui avait bien pu laisser des empreintes sur les ?uvres. / aca