Liberté de la presse: la montée de la répression contre les médias inquiète Simonetta Sommaruga

Lors d’une conférence donnée à Genève ce mardi, la présidente de la Confédération a souligné la situation alarmante dans laquelle se trouvent aujourd’hui les journalistes, cibles de nombreuses attaques et de violences.
01 sept. 2020, 12:18
/ Màj. le 01 sept. 2020 à 21:50
La présidente de la Confédération Simonetta Sommaruga et la Haute commissaire de l'ONU aux droits de l'homme Michelle Bachelet appellent à ne pas cibler les journalistes pour leur travail dans le contexte de la pandémie.

La détention de journalistes est «une aspiration à la démocratie qu’on étouffe». La présidente de la Confédération Simonetta Sommaruga s’est inquiétée mardi à Genève de la répression grandissante des régimes autoritaires contre les travailleurs des médias.

L’intimidation, les menaces et les actes contre les journalistes, les dessinateurs de presse et autres représentants de la branche ont atteint une dimension et une «gravité» devenues «alarmantes», a estimé Mme Sommaruga au début d’une conférence organisée par la Suisse et l’ONU.

Une démocratie se mesure à la façon dont elle traite ses journalistes
Simonetta Sommaruga, présidente de la Confédération

Ces derniers mois, des travailleurs des médias ont notamment été arrêtés ou victimes des violences en marge des manifestations contre le pouvoir en Algérie ou au Bélarus.

«Une démocratie se mesure à la façon dont elle traite ses journalistes», «c’est l’affaire de chaque Etat». Or, le nombre de pays sûrs pour eux se réduit pour les travailleurs des médias, a affirmé Mme Sommaruga, sans en mentionner aucun.

 

 

«Les lois liberticides qui les réduisent au silence ne sont pas compatibles avec les droits de l’homme», a insisté la présidente de la Confédération.

Les attaques contre les journalistes ciblent «toute la société civile», a déploré de son côté la Haute commissaire de l’ONU aux droits de l’homme Michelle Bachelet, à quelques semaines de l’Assemblée générale de l’ONU.

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«Aucun journaliste ne devrait être criminalisé ou harcelé en raison de son travail», a-t-elle affirmé. Mme Sommaruga a relevé que 90% des homicides contre les journalistes restent impunis. Elle appelle à des institutions judiciaires indépendantes et à des législations dissuasives pour améliorer cette situation.