Le vélo électrique, nouveau défi écologique

Le vélo électrique est un succès en Suisse. Électrique donc sans impact écologique? Faux! Car la consommation de lithium pose un vrai problème et il faut déjà songer à d'autres solutions.
06 août 2015, 10:50
/ Màj. le 20 oct. 2015 à 10:39
Les vélos électriques utilisent des batteries Li-Ion, gourmandes en énergie.

Le succès des vélos électriques ne se dément pas en Suisse, où 150'000 pièces ont déjà été vendues. Le bilan écologique de ces deux-roues est pourtant contrasté, notamment en raison de leur consommation de lithium. La politique est appelée à agir.

Un bilan écologique précis est difficile à établir pour les vélos électriques, indique Urs Schwegler, du programme de promotion des vélos et scooters électriques New Ride, contacté par l'ats. "Entre l'utilisateur qui recourt continuellement au moteur électrique et celui qui ne l'utilise qu'à la montée", la différence est notable. "Elle peut atteindre un facteur 10", explique-t-il.

Ce qui est certain, c'est que la batterie représente un défi écologique majeur pour les vélos électriques. Ces derniers sont actuellement toujours plus souvent dotés de batteries lithium, élément chimique très recherché au niveau mondial en raison de sa forte densité d'énergie et de sa longévité.

Question géopolitique

Mais parallèlement à la hausse de la demande, la gestion écologique de cette ressource naturelle a pris du retard. Le lithium n'est pas recyclé car il est bon marché et utilisé en toute petite quantité, explique Rolf Widmer, du Laboratoire fédéral d'essai des matériaux et de recherche (EMPA) de St-Gall. "Nous devons nous demander assez tôt quand commencer à recycler et comment gérer les ressources au niveau mondial", avertit-il.

En effet, les gisements d'où le lithium peut être extrait à bas prix sont rares, explique le scientifique. Et selon une étude de l'Académie suisse des sciences techniques (SATW) parue en novembre 2010, extraire du lithium demandera à l'avenir plus d'énergie et sera plus polluant.

Il s'agit d'une question géopolitique, estime M. Widmer. Pour lui, une action internationale concertée définissant des conditions de gestion durable est désormais nécessaire.

1 décilitre d'essence aux 100 km

Reste toutefois que le bilan écologique global du deux-roues est intéressant. Si l'on considère toute la vie d'un vélo électrique, de sa fabrication à sa destruction, il consomme en moyenne un kilowatt-heure pour 100 kilomètres, ce qui correspond à un décilitre d'essence, note Urs Schwegler, de New Ride.

Par ailleurs, il émet - en gaz à effet de serre - l'équivalent de 13 à 17 grammes de CO2 par kilomètre, selon une étude de l'Institut de coordination interfacultés pour l'écologie générale (IKAOE). En comparaison, un vélo standard en émet 4 grammes par kilomètre et un RER 9 grammes par personne et kilomètre. Une voiture à essence, elle, en est à 189 grammes par kilomètre en moyenne.