Réchauffement climatique: la COP23 décide de mesurer les émissions de CO2 d'ici fin... 2018

La COP23 accouche d'une souris. La conférence sur le climat organisée à Bonn par l'ONU n'a pas permis aux participants de se mettre d'accord sur des mesures claires à adopter rapidement pour maintenir le réchauffement climatique sous les 2 °C.
18 nov. 2017, 08:18
/ Màj. le 18 nov. 2017 à 08:20
Les participants à cette 23e conférence sur le climat ont reporté à fin 2018 les mesures de leurs émissions globales de CO2.

Les pays réunis à la 23e conférence sur le climat de l'ONU se sont séparés samedi à Bonn sur un accord, après deux semaines de travaux. Un processus d'un an de dialogue va être mis en place pour dresser à la fin 2018 un bilan collectif des émissions de gaz à effet de serre (GES).

L'idée est d'encourager et d'aider les pays à revoir leurs engagements, à ce stade insuffisants, pour permettre au monde de rester bien en deçà de deux degrés Celsius de réchauffement comme le stipule l'accord de Paris de 2015. Ce dialogue devra être "constructif et tourné vers les solutions" et ne viser personne, prévient la décision adoptée.

A Bonn, les négociateurs - délégation américaine incluse - ont aussi commencé à mettre en forme les règles de mise en oeuvre de l'accord de Paris, prévu pour s'appliquer à partir de 2020: comment les pays rendent compte de leurs actions, quel suivi pour l'aide financière promise par les pays riches. Mais rien n'a été tranché sur le fond. Ce sera le rôle de la COP24 prévue en décembre 2018 à Katowice, en Pologne.

 

 

Financements climatiques

"Et cela ne va pas être une mince affaire, car on s'attendait à beaucoup plus de progrès" à Bonn, souligne David Levai, de l'institut des relations internationales (IDDRI), relevant le "manque cruel de leadership" après la décision du président des Etats-Unis, Donald Trump, de désengager son pays.

"On aura beaucoup de travail en 2018", admet une négociatrice européenne.

Une fois de plus, pays en voie de développement et les pays développés se sont opposés sur l'épineuse question des financements climatiques. Les premiers dénoncent notamment le manque de visibilité quant aux 100 milliards de dollars annuels promis d'ici 2020 par les pays riches.

Le gouvernement américain, qui a confirmé son intention de quitter l'accord, mais ne pourra le faire formellement avant fin 2020, a d'ores et déjà annoncé qu'il ne verserait pas les fonds promis par l'ancien président américain Barack Obama, notamment 2 milliards de dollars destinés au fonds vert de l'ONU.