Concentré de printemps

02 août 2015, 19:53
/ Màj. le 20 oct. 2015 à 10:39

Un élan de printemps, une bourrasque de pigments, une abondance enivrante. Voici en quelques mots ce que l'on éprouve au contact du travail de Karin Pliem, exposé pour la première fois en Suisse, à la galerie Numaga à Colombier.

Cette Autrichienne d'origine, s'étant au préalable formé au textile, peint à l'huile comme elle créerait un tissu, de manière dense et contenue, conférant à ses œuvres une étonnante homogénéité.

Fertile et lumineux

Baroque dans le sens du foisonnement, elle essaime au gré des toiles une fantaisie lyrique et jubilatoire. Rempli de fleurs, de fruits, de flammes, de cascades, de poissons, l'univers luxuriant de la Viennoise invite à la rêverie et à se perdre dans des tourbillons d'exotisme évocateur.

Jamais semblables, ses compositions portent pourtant en commun un élément fluide qui semble habiter les toiles et lier les motifs entre eux. Une sorte de jaillissement englobant les formes les unes aux autres, créant la densité ci-dessus décrite. D'ailleurs chaque parcelle de toile pourrait vivre par elle-même tant elle est minutieusement saturée, colorée, remplie.

Fertile et lumineux, l'univers pictural de l'artiste oscille donc entre abstraction et figuration. Près des toiles, les réseaux de traits et de couleurs nous absorbent dans une nébuleuse de sensations où le regard coule. De loin, on distingue des formes organiques qui s'articulent dans un rythme syncopé.

Le travail de Karin Pliem se lit comme un concentré de printemps, impétueux et poétique. PVX

Colombier Galerie Numaga, jusqu'au 15 mai. Me à di, de 14h30 à 18h