28.02.2015, 00:01  

La culture, façon hackers

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Rae Knowler, une participante au premier Hackathon culturel organisé en Suisse.

   LUC-OLIVIER ERARD

 28.02.2015, 00:01   La culture, façon hackers

Par LUC-OLIVIER ERARD

BERNE - Un marathon informatique se tient pendant deux jours à la Bibliothèque nationale. Plongée chez les développeurs qui veulent rapprocher collections et archives du public, grâce au web.

Sandwiches, café, et "datas" pour tout le monde: c'est "open-bar" à la Bibliothèque nationale à Berne depuis hier matin, et jusqu'à ce soir. Le premier "GlamHack" se tient en cette fin de semaine dans les murs de l'austère temple du patrimoine lettré helvétique. Une centaine de développeurs informatiques, de conservateurs du patrimoine et de passionnés des données ont débarqué...

Sandwiches, café, et "datas" pour tout le monde: c'est "open-bar" à la Bibliothèque nationale à Berne depuis hier matin, et jusqu'à ce soir. Le premier "GlamHack" se tient en cette fin de semaine dans les murs de l'austère temple du patrimoine lettré helvétique. Une centaine de développeurs informatiques, de conservateurs du patrimoine et de passionnés des données ont débarqué hier aux aurores avec leurs ordinateurs.

S'il est "Glam", ce rendez-vous n'est pas "glamour" - quoique - mais destiné aux "Galleries, Libraries, Archives and Museums": les musées, archives et bibliothèques. Tenu à l'initiative de l'association OpenData, qui milite pour l'accès public aux données, il fait suite à d'autres événements du même type, dans le domaine des finances ou du sport. C'est le premier qui soit consacré à la culture. Le but: créer et innover à partir d'éléments digitaux du patrimoine culturel librement réutilisable.

Collections digitales

De nombreuses institutions ont répondu à l'appel: services d'archives cantonaux ou communaux, détenteurs de "big data", musées, hautes écoles: tous sont venus avec des collections digitales de textes ou de photos, qu'elles mettent à disposition en ligne ou sur support numérique. Charge aux hackers, aux bricoleurs, d'en tirer le meilleur parti. Si le terme qui collait aux ados broyeurs de pizza accros aux jeux vidéo dans les années 1990 est resté, les hackers d'aujourd'hui ne sont pas du même tonneau.

Il y a des experts en humanités digitales de l'EPFL, des wikipédiens endurcis, des autodidactes passionnés, une développeuse londonienne, une mémoire du jeu vidéo helvétique, un historien du CNRS. Tous sont venus pour inventer ensemble de nouveaux moyens d'appréhender la culture à l'ère du digital: qu'il s'agisse de faire revivre des jeux de cartes historiques grâce au jeu en ligne, ou de diffuser de la musique en fonction du lieu où se trouve un utilisateur de smartphone.

Au début de la journée, chacun annonce ses centres d'intérêt, le matériel qu'il met à disposition, les idées d'application qu'il veut développer. Yannick Rochat, mathématicien au Digital humanities Lab de l'EPFL, est venu avec les archives du journal "Le Temps". Plus précisément, les articles des ancêtres du titre lémanique ("Le Journal de Genève" et "La Gazette de Lausanne"), sur lesquels il a déjà travaillé: les noms propres, les lieux évoqués ont été détectés grâce à un long processus destiné à créer les algorithmes capables de réaliser le travail, au demeurant titanesque.

Croiser les données...

Un travail en amont qui va bénéficier de la rencontre du jour. Car de son côté, Francesco Beretta est historien au Pôle histoire numérique du Laboratoire de recherche historique Rhône-Alpes, à Lyon. Il travaille sur les documents diplomatiques suisses (disponibles sur dodis.ch). Il n'en faut pas plus pour que les deux scientifiques, aux préoccupations pourtant relativement éloignées, se trouvent des intérêts communs. Pourquoi ne pas croiser leurs données et imaginer par exemple de relier les articles de presse aux documents historiques qui concernent les événements relatés? Formats, présentation, compatibilité: les équipes ont deux jours pour surmonter les inévitables embûches informatiques. Les productions réalisées seront librement accessibles.

Mais surtout, les rencontres occasionnées pourraient déboucher sur des collaborations plus longues, à même d'apporter au public de nouvelles manières de se réapproprier un immense patrimoine culturel qui n'est plus cantonné au musée, mais peut s'inviter désormais jusque dans nos poches.


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