Votations: le tabac ne doit pas atterrir chez les jeunes, estime un comité interpartis

Un comité interpartis s’est exprimé mardi en faveur de l’initiative voulant interdire la publicité pour le tabac qui atteint les jeunes. Selon lui, de telles restrictions ont déjà fait leurs preuves.
18 janv. 2022, 13:18
Le comité interpartis considère que la santé des enfants doit passer avant les intérêts de l'industrie du tabac.

Produit addictif et néfaste, le tabac ne doit pas tomber entre les mains des jeunes. Un comité interpartis a plaidé mardi pour une restriction plus forte de la publicité, comme l’exige l’initiative sur le tabac soumise au peuple le 13 février.

«La raison d’être de la publicité est de conquérir de nouveaux consommateurs», a pointé le sénateur Hans Stöckli (PS/BE) devant les médias. Elle y parvient particulièrement bien auprès des jeunes, comme l’ont montré de nombreuses études, a complété Lilian Studer (PEV/AG). Le risque de se mettre à fumer augmente entre 30 et 46% lorsque les jeunes sont soumis à une publicité agressive.

Restrictions efficaces

A l’inverse, les restrictions publicitaires réduisent les incitations à fumer, a poursuivi Lilian Studer. Alors que la consommation de tabac stagne autour des 27% en Suisse, elle a baissé dans les pays ayant pris des mesures fortes.

La proportion de fumeurs a diminué de 6% au Royaume-Uni (entre 2011 et 2019) et en Irlande (entre 2013 et 2020), a donné en exemple la députée. En France, elle a baissé de 5% entre 2015 et 2019. Tous trois ont par exemple introduit le paquet neutre de cigarettes.

Pour Léonore Prochet (Vert-e-s/VD), la faiblesse des mesures suisses n’est pas un hasard. Le lobbyisme du tabac est extrêmement puissant. Membre de la commission de la santé publique, elle a tout de suite été approchée par ses représentants.

Conséquences minimes

«La publication est omniprésente», a relevé Christina Bachmann-Roth, présidente des Femmes du Centre. Or les produits du tabac n’ont pas été conçus pour les enfants. Et de noter le conflit d’intérêts entre les investissements importants dans l’éducation des jeunes et les politiques laxistes en matière de publicité pour le tabac.

L’industrie du tabac est certes pourvoyeuse d’emplois. Mais 80% de la production est exportée.
Michel Matter, conseiller national vert’libéral et médecin

La santé des enfants doit passer avant les intérêts de l’industrie du tabac, a plaidé Michel Matter (PVL/GE). D’autant plus que les coûts générés par le tabagisme sont énormes. Quelque 9500 personnes décèdent des suites d’une maladie due au tabac chaque année en Suisse. Les coûts pour la santé s’élèvent à trois milliards de francs et à deux milliards pour l’économie.

«L’industrie du tabac est certes pourvoyeuse d’emplois. Mais 80% de la production est exportée», a encore souligné le conseiller national et médecin. «Les restrictions de la publicité auraient des conséquences minimes.»

par Keystone - ATS