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Viktor Röthlin face à son plus beau défi

09 mai 2008, 12:00

Les conditions météo extrêmes régnant à Pékin constitueront l'atout majeur de Viktor Röthlin aux JO. Le marathonien obwaldien, qui disputera le Grand Prix de Berne (16,09 km) samedi, en est conscient. «Les conditions difficiles en Chine (humidité, pollution, chaleur) seront une grande chance pour moi, car je m'y prépare alors que les Africains ne se posent sans doute pas trop de questions», note-t-il.

Röthlin sait qu'il ne sera qu'un «parmi une vingtaine de médaillables» à Pékin, et que les Kényans en particulier seront très difficiles à ébranler. «Pour une fois, ils ont sélectionné leurs meilleurs coureurs (Lel, Wanjiru et Cheruiyot), sans favoritisme de clan.» Sur le papier, les trois athlètes kényans valent 1'30 à 2'de mieux que Röthlin, dont le record national est de 2h07'23. «L'Asie m'a bien convenu jusqu'à présent», poursuit Röthlin, véritable héros au Japon depuis son succès à Tokyo en février et sa médaille de bronze aux Mondiaux d'Osaka l'été dernier.

Prévoyant, le champion utilisera à Pékin une ou l'autre astuce, comme la veste réfrigérante qui lui avait permis à Osaka de se protéger de la chaleur avant la course. Surtout, il se présentera au départ en ayant tout «sacrifié» pour cet objectif. Les courses de Lucerne (8e), Edimbourg (5e), Berne (samedi), puis à Londres pour un 10 km et Sapporo au Japon pour un semi-marathon à mi-juin ne constituent que des hors-d'?uvre.

Röthlin, qui a pris depuis longtemps ses quartiers d'hiver sur les hauts plateaux d'Afrique de l'Ouest, se sent plus comme «un Kényan blanc». «Les Kényans me considèrent un peu comme un des leurs», sourit le vice-champion d'Europe. «Au Kenya, on me surnomme Viktor Baldini (réd: en référence à l'Italien Stefano Baldini), parce que mon nom est imprononçable là-bas. J'aime envisager les choses comme les Kényans. Leur grande force est de ne pas avoir d'objectif chiffré en tête, car se focaliser sur un chrono constitue déjà une barrière..»

A Pékin, Röthlin craint que les trois Kényans disputent une course tactique. Non pas pour leur pays, mais pour... leur manager. «Ils sont tous trois sous la houlette de Gabriele Rosa, et je peux m'imaginer que celui-ci s'arrange pour qu'ils se répartissent équitablement les retombées financières de l'éventuelle victoire de l'un des trois.»

A 33 ans, Röthlin disputera à Pékin ses derniers Jeux. «Il se peut que j'arrête ma carrière après les Européens de Barcelone en 2010. Ce serait un beau sommet pour finir.» Depuis qu'il a eu 30 ans, l'Obwaldien remarque qu'il doit investir toujours plus de temps dans la régénération. «Et puis, j'ai envie d'autres choses aussi, fonder une famille, m'investir professionnellement», relève le champion, déjà bien engagé auprès de son équipementier Asics. / si

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