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Une Suisse peu crédible préside la Convention alpine

La Suisse a pris les commandes de la Convention alpine pour deux ans. Le rejet parlementaire des protocoles d'application réduit son impact.

14 mars 2011, 11:04

Depuis le 9 mars, la Suisse a une occasion de plus de se faire entendre sur la scène internationale. Elle a relevé la Slovénie à la présidence de la Convention alpine pour une période de deux ans. Cela devait être un moment fort pour Berne mais la cheffe du département concerné, Doris Leuthard, a renoncé à se rendre à Brdo, dans la banlieue de Ljubljana, pour participer à la cérémonie de transfert des pouvoirs.

Il faut dire que cette présidence intervient au pire moment. L'automne dernier, après dix ans de tergiversations, les Chambres ont enterré définitivement la ratification des neuf protocoles d'application de la Convention. La crédibilité de la Suisse en a pris un coup. «Elle aura du mal à convaincre ses partenaires que des réformes structurelles sont indispensables», déplore Thomas Egger, directeur du Groupement suisse pour les régions de montagne (SAB).

La Convention alpine est un traité international qui a pour but de fixer un cadre de référence pour un développement durable de l'Arc alpin. Elle a été ratifiée par tous les pays alpins entre 1994 et 1999 (Autriche, France, Allemagne, Italie, Liechtenstein, Monaco, Slovénie et Suisse).

Le rejet parlementaire des protocoles additionnels, dû à la crainte d'entraves économiques, ne change rien au fonctionnement de la convention mais il douche bien des espoirs. «Nous comptions sur la Suisse pour faire avancer les choses sur le terrain. Ces dernières années, les parties contractantes se sont concentrées sur la production de papier et sur la formulation de résolutions», souligne Andreas Götz, directeur de Cipra International, une organisation non gouvernementale qui œuvre pour la protection des Alpes. Il reste convaincu de l'utilité de la convention. «Sans elle, on n'aurait pas assisté à l'émergence des réseaux que l'on connaît aujourd'hui, notamment les regroupements de communes qui permettent de précieux échanges».

Selon l'Office fédéral du développement territorial (ARE), la Suisse va marquer sa présidence par deux événements forts: une conférence internationale sur le développement durable en région de montagne qui se tiendra en octobre prochain à Lucerne, et une «semaine alpine», en septembre 2012 à Poschiavo. Berne veut aussi amener les Etats alpins à défendre leurs intérêts auprès de l'Union européenne. L'ARE rappelle que les Alpes remplissent des fonctions importantes pour l'Europe en tant que château d'eau, source d'énergie hydraulique et axe de transit.

Pour Thomas Egger, cette approche ne suffit plus. «On ne peut plus se contenter de discussions entre Etats. Il faut réunir autour de la table les acteurs du terrain, à savoir les régions et les cantons. La Convention doit procéder rapidement à une réforme structurelle». Il rappelle que des discussions ont lieu actuellement au sein de l'UE pour la création d'une macrorégion Alpes. «Si les membres de la Convention alpine ne réagissent pas, elle risque de se faire contourner par ce nouvel acteur». /CIM

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