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Un petit paradis pas éternel

Les hockeyeurs neuchâtelois coulent des jours heureux au Tessin, sans être forcément prêts à y prendre racine. Régis Fuchs et Sandy Jeannin envisagent un retour. Kevin Romy et Félicien Du Bois ne voient pas si loin Quoi de plus beau que le Tessin pour y passer ses vacances ou sa vie? Les quatre hockeyeurs neuchâtelois évoluant dans les clubs tessinois ne sont pourtant pas forcément prêts à y prendre racine. Le mal du pays se fait sentir chez les anciens, alors que les jeunes ne voient pas si loin. Ce petit paradis n'est donc pas éternel.

05 févr. 2006, 12:00
«Je ne suis pas obligé de rester. Une maison, ça se vend»

Il y a quatre ans, Régis Fuchs pensait finir ses jours au Tessin. Plus précisément à Caslano, au sud de Lugano, dans sa magnifique maison construite en 2001. Avec son épouse et ses deux fils - Jason (10 ans) et Robin (8 ans), également hockeyeurs -, il n'était pas près de partir. Son discours a changé. «Je ne suis pas obligé de rester, une maison ça se vend, raconte-t-il. On ne sait jamais ce qui peut se passer en hockey. Là, j'arrive à la fin de mon contrat avec Lugano et je sais qu'il ne sera pas renouvelé. A 36 ans, je me sens bien et j'ai encore envie de jouer. Si quelque chose d'intéressant se présente ailleurs, je peux très bien partir. Pourvu que ma famille me suive et se sente bien, c'est l'essentiel.» Malgré une magnifique demeure, dont il a dessiné les plans, l'ex-Chaux-de-Fonnier n'a pas peur de franchir le Gothard.

Plus haut, à Taverne (nord de Lugano), Sandy Jeannin (bientôt 30 ans) coule des jours heureux avec sa petite famille. Son épouse Cindy (aussi Vallonnière) et ses filles - Loane (bientôt 3 ans) et Erin (7 mois) - se sentent bien au Tessin. «Nous sommes là depuis 2000 et nous nous sommes bien intégrés, raconte le Fleurisan. Nous avons acheté cette maison en mai 2005. Nous allons y rester jusqu'au terme de mon contrat avec Lugano, dans deux ans. Après, on verra. Pour l'instant, nous ne sommes pas décidés. Tout dépendra de l'après-hockey. Je n'exclus pas un retour en Romandie. Nous sommes un peu loin de la famille et des copains.» Qui a parlé de mal du pays?

Tout frais arrivé au Tessin, Kevin Romy a tout juste eu le temps de trouver ses marques et d'emménager dans un appartement (trois pièces et demie) à Davresco (est de Lugano). Au cinquième étage de son immeuble, la vue sur la région est imprenable. L'ex-Genevois et Chaux-de-Fonnier n'a pas tellement le temps d'admirer le paysage. Il s'occupe aussi de son pagana (lézard australien) qu'il vient d'acquérir et passe souvent la journée loin de chez lui. «La plupart du temps, je suis avec les gars de l'équipe, raconte-t-il. Je mange à la patinoire ou en ville avec mes coéquipiers. Parfois, certains Romands m'invitent. Ma copine, qui étudie à Genève, vient me rendre visite quand elle le peut.»

«Je suis un vrai Suisse. Je suis né en Suisse romande, je vis au Tessin et j'ai une copine en Suisse alémanique!»

Si le départ de GE Servette a représenté un choc, Kevin Romy s'en est remis et se focalise sur son nouveau défi sportif. «Evoluer dans une équipe comme Lugano, qui compte beaucoup de bons joueurs, représente un très bon apprentissage, estime-t-il. C'est un bonus pour moi, cela devrait me permettre de franchir un nouveau palier.» La NHL est toujours à l'horizon et le Tessin pourrait constituer un tremplin pour traverser l'Atlantique.

De l'autre côté du Ceneri, Félicien Du Bois est bien installé dans son trois pièces. A Avredo, près de Bellinzone, il a appris à se débrouiller tout seul. Il n'hésite pas non plus à franchir le Gothard pour retrouver son amie à Buochs. «Je suis un vrai Suisse, je suis né en Suisse romande, je vis au Tessin et j'ai une copine en Suisse alémanique, rigole-t-il. Pour moi, l'avenir est ici, pour l'instant. Mais on ne sait jamais ce qui peut se passer après.» Le chant des sirènes pourrait résonner ailleurs. Le Tessin, c'est bien, mais on peut en revenir... /JCE

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