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Un adulte et un mineur sont inculpés dans l'affaire des viols de Seebach

L'enquête sur les viols collectifs de Zurich-Seebach, qui ont eu lieu en novembre 2006, est terminée. La justice zurichoise a inculpé un jeune adulte et un mineur. Ils sont accusés d'avoir violé à plusieurs reprises une écolière de 13 ans. Des mesures éducatives ont été prononcées contre quatre autres mineurs. Ces derniers ont été sanctionnés pour pornographie, actes d'ordre sexuel avec une enfant et actes sexuels avec une personne incapable de résistance, a expliqué hier le procureur Daniel Kloiber.

05 déc. 2007, 12:00

Les sept derniers suspects arrêtés et interrogés suite à l'affaire ont été blanchis. Ils ont assisté aux viols, mais les enquêteurs n'ont pas pu prouver qu'ils avaient commis des abus sexuels.

Pour pouvoir accuser quelqu'un de viol, il faut qu'il ait usé de menaces, de violence, qu'il ait exercé des pressions psychiques ou qu'il ait mis sa victime hors d'état de résister pour la contraindre à subir l'acte sexuel, a rappelé le Ministère public zurichois. Cinq de ces sept complices ont toutefois dû se soumettre à des mesures éducatives durant l'enquête. Six des treize suspects ont par ailleurs suivi un programme thérapeutique de trois mois.

L'affaire avait choqué le pays et provoqué de nombreuses réactions politiques, notamment en raison du fait que sept des treize suspects sont d'origine étrangère. La police avait parlé de «viols de masse».

La justice ne donne pour l'instant que peu de détails sur les circonstances des viols. Selon Daniel Kloiber, les faits se sont produits lors de cinq soirées dans l'appartement des parents de l'accusé, âgé de 18 ans à l'époque des faits

Par groupes, les adolescents ont contraint la victime, alors âgée de 13 ans, à des relations sexuels. Certains abus ont été filmés sur des portables. Selon le «Tages-Anzeiger», la victime aurait affirmé s'être rendue sur les lieux pour y récupérer un câble d'iPod que l'un des garçons avait emprunté. Les tribunaux devront apprécier le rôle joué par ce câble. Les procès des deux accusés auront lieu durant les prochains mois.

Les faits qui leur sont reprochés sont «graves», selon le procureur. L'accusé majeur risque une peine privative de liberté. Le mineur doit s'attendre à être placé dans un établissement éducatif. Les acteurs du drame ont reconnu les faits, a relevé Daniel Kloiber. Tous habitent encore chez leurs parents et sont pris en charge par des spécialistes. Les treize suspects étaient plus ou moins voisins. Quatre d'entre eux fréquentaient la même école que leur victime, à Seebach, au nord de Zurich. La victime est également suivie par des spécialistes.

Le fait que seule deux personnes ont été inculpées dans cette affaire ne signifie pas qu'il ne s'est rien passé, a indiqué la psychologue zurichoise Regula Schwager dans «La Liberté». «Dans les affaires d'agressions sexuelles, il n'y a presque jamais de preuves», explique cette représentante de Castagna, un bureau de conseil et de prise en charge pour les enfants et les jeunes victimes d'exploitation sexuelle. Les enquêteurs sont souvent confrontés à des déclarations contradictoires.

«Le fardeau de la preuve est encore et toujours sur les épaules de la victime», dénonce-t-elle. «Alors que c'est l'auteur qui devrait prouver qu'il ne s'est rien passé», conclut-elle. / JMH-ats

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