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Ueli Maurer doit revoir sa copie au sujet de l'armée

La commission militaire du Conseil des Etats porte un jugement sévère sur le rapport sur la politique de sécurité. Elle exige un remaniement en profondeur.

05 juin 2010, 12:14

Le rapport d'Ueli Maurer sur la politique de sécurité a beau avoir été remanié par le Conseil fédéral, il est toujours jugé largement insuffisant par la commission de politique de sécurité du Conseil des Etats.

«Il est incomplet, pas hiérarchisé et il ne présente pas de stratégie d'ensemble», souligne le Valaisan Jean-René Fournier (PDC). «On ne sait toujours pas quelle armée veut Ueli Maurer», ajoute le Jurassien Claude Hêche (PS). La commission profite de la procédure de consultation en cours pour réclamer un remaniement en profondeur de ce document présenté le 15 avril dernier.

C'est une procédure inhabituelle. Normalement, les commissions ne réagissent pas à ce stade des travaux. La règle veut que les Chambres discutent d'un tel rapport lorsque la version définitive est sous toit. Les sénateurs justifient leur intervention par la portée de ce texte ainsi que l'intérêt suivi qu'ils ont porté à son élaboration.

La prise de position publiée hier n'a pas fait l'objet d'un vote au sein de la commission, mais les sénateurs UDC ne se sont pas opposés aux reproches émis à l'encontre de leur conseiller fédéral. Les critiques sont acerbes. La commission note que le rapport ne traite pas du tout de la politique de sécurité dans le cadre européen. C'est à ses yeux la principale lacune du document. Elle estime que l'objectif de la politique de sécurité suisse doit être de participer à un réseau européen de sécurité, sans pour autant que sa neutralité soit compromise. «Le rapport donne l'impression que l'armée suisse peut garantir la sécurité du pays à elle seule. Or, ce n'est pas le cas», écrivent les commissaires. «Il y a donc lieu de modifier le projet en ce sens.»

Sur le fond, la commission demande en outre que le rapport décrive plus clairement les conséquences possibles pour la Suisse des différentes menaces qui y sont présentées, ainsi qu'une stratégie esquissant les différents moyens grâce auxquels le Conseil fédéral entend réagir. Sur la forme, elle s'étonne du caractère composite de ce document. «On a l'impression de lire une juxtaposition d'avis», explique Jean-René Fournier. «Ce cloisonnement rappelle la façon dont le Conseil fédéral a réagi à l'affaire UBS. Ueli Maurer parle d'un compromis purement helvétique, mais il faut s'entendre sur les mots. Un compromis doit correspondre à une stratégie gouvernementale et on n'en voit pas la couleur».

La réaction de la commission est à la hauteur de sa frustration. Il y a près de deux ans, Claude Hêche avait déposé une interpellation demandant au Conseil fédéral de clarifier sa vision de l'armée. L'exécutif lui avait alors demandé de patienter jusqu'à la publication du rapport sur la politique de sécurité. Le sénateur jurassien est d'autant plus déçu de l'insuffisance de la réflexion qu'il constate une évolution dans l'approche de l'armée. «On réfléchit de plus en plus à la coordination des différentes forces de sécurité et Ueli Maurer se contente de renvoyer les décisions au rapport sur l'armée attendu pour la fin de l'été. On ne peut pas toujours reporter la discussion». /CIM

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