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Trois ex-dirigeants renoncent à 33 millions

Après Peter Wuffli, ex-patron de l'UBS, trois anciens administrateurs de la grande banque en difficulté, dont son ex-président Marcel Ospel, cèdent aussi à la pression générale. Ils renoncent à 33 millions de francs d'indemnités. Le geste est globalement salué.

26 nov. 2008, 10:18

Ces 33 millions de francs correspondent à la part effective des salaires et autres indemnités de Marcel Ospel, ainsi que deux autres anciens membres à plein temps du conseil d'administration de l'UBS, Stephan Haeringer, alors vice-président, et Marco Suter.

Les conventions correspondantes viennent d'être signées avec l'UBS. Ce montant, dont plus des deux tiers reviennent à Marcel Ospel, correspond à des indemnités qui ont déjà été versées ou qui devaient l'être conformément aux contrats des trois ex-administrateurs, a précisé Jörg Denzler, leur porte-parole. Cette annonce des trois ex-dirigeants, qui ont mené les affaires de la banque avant que celle-ci ne s'enferre dans la crise des crédits, intervient à deux jours d'une nouvelle assemblée générale de l'UBS, la 4e de l'année.

Réunis demain à Lucerne, les actionnaires devront avaliser le plan de sauvetage ficelé par la Confédération, alors que le premier gérant de fortune de la planète subit une hémorragie de fonds sans précédent et fait face à la polémique sur les gratifications de ses managers.

Face à cette pression, le président du conseil d'administration de l'établissement, Peter Kurer, a réagi. L'UBS, qui ne versera pas de bonus à ses hauts dirigeants pour 2008, a aussi publié un rapport sur sa nouvelle politique en matière de rémunérations. Premier responsable à montrer la voie, Peter Wuffli a annoncé il y a deux semaines qu'il renonçait à des indemnités de 12 millions de francs. Sans le communiquer, l'ex-patron d'UBS, démissionné en été 2007, avait déjà renoncé volontairement à un montant de plusieurs millions en novembre de la même année. Une porte-parole de l'établissement a néanmoins relevé que Peter Kurer menait des négociations identiques avec d'autres anciens managers, sans dévoiler leur identité.

Il pourrait néanmoins s'agir de l'ancien patron de la banque d'investissement, Hew Jenkins, et de l'ex-chef des finances du groupe, Clive Standish. Avec Peter Wuffli, ils ont obtenu au total 94 millions de francs en 2007, parachute compris. «Par cette action, Marcel Ospel, Stephan Haeringer et Marco Suter entendent signaler qu'ils se rangent à la réalité de la situation présente», écrivent les trois hommes. Ceux-ci se disent «conscients du fait qu'ils auraient donné à diverses décisions prises à l'époque un tour différent s'ils avaient bénéficié des connaissances aujourd'hui acquises».

Soulignant le côté «volontaire» de leur geste, ils ajoutent que la renonciation «ne signifie aucunement la reconnaissance d'une faute au sens juridique». Marcel Ospel a perçu une rémunération totale de 2,6 millions de francs au titre de l'exercice 2007. Celui-ci s'est soldé sur une perte de 4,4 milliards de francs. L'an passé, Stephan Haeringer a gagné 1,9 million de francs et Marco Suter, 1,4 million.

En 2006, Marcel Ospel, Stephan Haeringer et Marco Suter ainsi que les dix membres de la direction générale de l'UBS s'étaient partagé pas moins de 246,8 millions de francs. /ats

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