«Tout dialogue m'a été refusé»

14 avr. 2008, 12:00

Le net soutien des Suisses à Eveline Widmer-Schlumpf dans l'épreuve de force qui l'oppose à l'UDC se traduit aussi dans un sondage: plus des deux tiers jugent qu'elle doit rester au Conseil fédéral. La ministre dénonce, elle, la fermeture de son parti au dialogue. «J'aurais voulu au moins pouvoir exposer mon point de vue au comité central» de l'UDC suisse, a confié la conseillère fédérale dans un entretien au «Matin Dimanche». «Mais toute possibilité de dialogue m'a été refusée jusqu'ici. Tout au plus ai-je pu discuter une fois avec le président Toni Brunner.»

La cheffe du Département de justice et police a par ailleurs rencontré son prédécesseur Christoph Blocher début mars, par hasard dans la rue à Berne. «Nous avons pu discuter tout à fait normalement». Mais depuis, tous deux ne se sont plus parlé, a-t-elle indiqué au journal alémanique «Sonntag».

Parmi les 609 personnes de tout bord interrogées la semaine dernière dans les trois régions linguistiques, 65% pensent que les méthodes de l'UDC représentent un danger pour la démocratie, selon un sondage de l'institut Demoscope. Seuls 14% n'y voient pas de danger alors que 21% ne se prononcent pas.

Le maintien d'Eveline Widmer-Schlumpf au Conseil fédéral recueille pour sa part 68% d'opinions favorables et 11% d'avis opposés. Le nombre de sondés n'ayant pas d'avis est également élevé (21%). En Suisse romande, il atteint même 33%. Dans cette région linguistique, 57% sont pour et 10% contre.

Soixante pour cent estiment que la conseillère fédérale doit rester dans son parti et 19% qu'elle doit démissionner. On retrouve les 21% n'ayant pas d'avis. Dans des entretiens à la presse dominicale alémanique, le président de la Confédération a salué cette mobilisation du public. Pascal Couchepin y voit un signe «en faveur de la démocratie libérale». / ats