«Tous les emplois doivent être maintenus»

Trois semaines après avoir débuté, la grève entamée aux ateliers CFF Cargo de Bellinzone a été reconduite hier. L'assemblée du personnel a décidé de résister aussi longtemps que toutes ses revendications n'ont pas été acceptées. Réuni hier en assemblée, les grévistes ont rejeté à l'unanimité les propositions avancées jeudi soir à Agno (TI) par Andreas Meyer, directeur des CFF. Ils les ont jugées «honteuses» et «insuffisantes» et ont décidé de poursuivre la grève «aussi longtemps que toutes leurs revendications n'ont pas été satisfaites». Acclamé par les quelque 430 grévistes qui ont débrayé le 7 mars dernier, Gianni Frizzo, président du comité de grève et véritable icône du mouvement, a répété que «la manutention de toutes les locomotives, et pas seulement des plus vieilles, doit rester à Bellinzone».

29 mars 2008, 12:00

«Le département de réparation des wagons ne doit pas être privatisé», a poursuivi Gianni Frizzo, «tous les emplois doivent être maintenus et le contrat collectif de travail assuré par les CFF jusqu'à fin 2010». Les CFF ont pris acte de la décision prise hier mais ne la commentent pas.

De son côté, Andreas Meyer, directeur des CFF avait proposé jeudi soir au comité de grève, «le maintien de la manutention des locomotives Ae6/6 et Re6/6 jusqu'en 2012; le maintien de la manutention des wagons, en collaboration avec des entreprises privées et la création de nouvelles sociétés constituées avec des tiers». Une légère réduction des effectifs est prévue. De son côté, le comité de grève dénonce la suppression de 60 emplois.

Ces propositions ont suscité la colère de l'ensemble des grévistes. «Les CFF veulent nous laisser la manutention des vieilles locos, bonnes pour le rebut mais nous ont refusé celle des 286 nouvelles locomotives Re4/4», a lancé Gianni Frizzo. «C'est une honte», ont hurlé les ouvriers.

L'assemblée a demandé à grands cris la démission du conseil d'administration des CFF, qui ne compte plus de représentant de l'Etat en son sein depuis 1999 alors qu'il détient 100% des CFF, et l'intervention directe du conseiller fédéral Moritz Leuenberger. «Lui seul doit désormais négocier avec nous», ont lancé les ouvriers.

La négociation entre les parties doit reprendre aujourd'hui. Une entrevue doit avoir lieu à Lucerne entre la direction de CFF Cargo, le comité de grève et les syndicats. Présent à l'assemblée du personnel, le maire de Bellinzone Brenno Martignoni a assuré les grévistes de sa «totale solidarité». De son côté, le Conseil d'Etat tessinois a rencontré hier matin le comité de grève auquel il a garanti son soutien. «Mais le gouvernement doit s'engager davantage, nous lui demandons une aide forte et inconditionnelle», a dit Gianni Frizzo.

Entre-temps, les gestes de solidarité se multiplient dans toute la Suisse. Au Tessin, le fonds de solidarité ouvert au début de la grève a atteint un million de francs, «de quoi résister au moins deux mois», estime le comité de grève.

Quant aux quelque 70 apprentis des ateliers tessinois dont le parcours est compromis par la grève, ils pourront poursuivre leur formation. «Login», communauté de formation du monde des transports, va créer dès lundi de nouvelles places d'apprentissage dans le canton. Des accords ont été conclus avec dix entreprises de renom établies au Tessin. /ats