Smood: pour les syndicats, les promesses sont «un pas en avant, mais il en reste d’autres»

Alors que des employés de Smood protestent depuis le début du mois dans des villes romandes, l’entreprise de livraison de repas à domicile a annoncé lundi plusieurs améliorations. Syndicom et Unia en demandent davantage.
16 nov. 2021, 15:53
Une nouvelle action de protestation a été menée mardi à Genève.

Mise sous pression par les syndicats, l’entreprise de livraison de repas à domicile Smood a annoncé plusieurs améliorations des conditions de travail. Unia et Syndicom saluent «un pas en avant», mais ne veulent pas s’arrêter en si bon chemin.

Dans un communiqué diffusé lundi soir, Smood a dit entendre «les revendications des livreurs représentés par Syndicom», son «interlocuteur privilégié». L’entreprise basée à Plan-les-Ouates (GE) a annoncé l’instauration d’un salaire de base de 23 francs de l’heure (y compris indemnités vacances et jours fériés), une hausse des remboursements de frais de véhicules, ainsi qu’une transparence accrue de son application mobile.

Certains de ces changements ont déjà été implémentés alors que d’autres le seront d’ici à la fin de l’année.
Smood, dans un communiqué

Smood précise que «certains de ces changements ont déjà été implémentés alors que d’autres le seront d’ici à la fin de l’année», sans spécifier lesquels. L’entreprise indique qu’il subsiste encore «quelques discussions» avant la conclusion d’une CCT. Elle avertit: «D’autres améliorations ne seront néanmoins pas envisageables tant que les autorités et les représentants des travailleurs ne feront pas appliquer des standards similaires sur l’ensemble du secteur.»

Négociations réclamées

Pour Syndicom, les promesses de Smood constituent une «bonne nouvelle pour les employés». «C’est un pas en avant, mais il en reste d’autres à franchir», réagit le porte-parole Matthias Loosli. La hausse de salaire et l’indemnisation des frais faisaient partie des revendications principales du syndicat. Mais il réclame aussi une meilleure planification des horaires, une assurance d’indemnités maladie ou encore une durée d’affectation minimale de deux heures.

Pour Smood, ce serait une opportunité de se démarquer de la concurrence directe d’Eat.ch et d’Uber Eats.
Syndicom, dans un communiqué 

En discussion avec Smood depuis janvier, Syndicom veut la conclusion d’un partenariat social avec comme but de négocier concrètement une CCT. Le syndicat a déjà été l’artisan de plusieurs conventions collectives dans la branche de la logistique, par exemple avec les coursiers à vélo. «Pour Smood, ce serait une opportunité de se démarquer de la concurrence directe d’Eat.ch et d’Uber Eats, et de montrer ainsi qu’un partenariat social est aussi possible dans cet environnement très compétitif», a communiqué lundi Syndicom.



Du côté d’Unia, qui organise grève sur grève avec les livreurs depuis le début du mois dans différentes villes de Suisse romande, on se déclare «contents que Smood confirme qu’il y a vraiment besoin d’agir et de changer une série d’éléments dans leur fonctionnement». «Nous verrons si cette déclaration se concrétise dans les faits», dit Roman Künzler, responsable national transport et logistique d’Unia.