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Rentiers moins nombreux

Le nombre de rentiers invalidité a, pour la première fois, baissé. Ce renversement, qui intervient plus vite que prévu, pourrait toutefois s'arrêter. Il en faudra plus pour assainir l'AI Les nouvelles rentes d'invalidité octroyées de janvier à juin se chiffrent à 9800, alors que les sorties (généralement par le passage à l'AVS) atteignent 11.100. De ce fait, le nombre total des rentes en cours a diminué de 300 en six mois, pour s'établir à 257.200 (exprimé en rentes complètes). C'est une première dans l'histoire récente de l'assurance invalidité.

15 sept. 2006, 12:00

Le nombre de rentes a presque doublé entre 1992 et 2004, avec une augmentation moyenne de 4% par an. La progression s'est ensuite affaiblie, un changement que l'Office fédéral des assurances sociales (Ofas) met sur le compte d'une sensibilisation des milieux concernés par la hausse des dépenses de l'AI: médecins, employeurs, services sociaux, assurés.

Rapide mais court

Il en est résulté une baisse des dépôts de demandes de rentes: 39.000 au premier semestre (-3000 par rapport à 2005). A cela s'ajoute une pratique plus stricte des offices AI, qui refusent désormais 45% des demandes. Ainsi, le nombre de nouvelles rentes a diminué aujourd'hui de 30% par rapport à 2003. Au point qu'elles ne compensent plus les sorties.

«On n'attendait pas un tel renversement avant plusieurs années», explique Alard du Bois-Reymond, vice-directeur de l'Ofas. Mais il relativise aussitôt: «Les premiers chiffres recueillis pour le troisième trimestre semblent indiquer que la tendance s'estompe déjà. On peut néanmoins clairement parler de stabilisation du nombre de rentes».

On verra si, dans les mois qui viennent, d'autres mesures produisent leurs effets. Comme le projet «mamac» (dans les cantons) de collaboration entre offices AI, chômage et aide sociale pour accélérer les décisions concernant les gens en difficulté.

Mais le gros changement doit venir de la 5e révision de la loi sur l'AI, actuellement devant le Parlement. Cette révision est placée sous l'étiquette «la réinsertion avant la rente». Avec la détection précoce d'absences répétées au travail, un dispositif se met en route pour favoriser un retour rapide au travail: adaptation du poste de travail, cours de formation, orientation, mesures d'occupation. Avec la collaboration de l'employeur et une participation active de l'assuré.

Mais le problème financier subsiste. La petite baisse observée dans le nombre de rentes, ne parvient qu'à stabiliser le déficit de l'AI (environ 2 milliards par an). Stabilisation obtenue aussi grâce à la forte hausse des recettes (cotisations) due à la bonne conjoncture économique. A moyen terme, la 5e révision devrait encore réduire ce déficit.

Le problème de la dette

Mais il restera la dette de l'AI: près de 9 milliards aujourd'hui. Difficile à résorber, même dans l'hypothèse de futurs bénéfices annuels. C'est pourquoi d'autres solutions sont gardées en réserve: les 7 milliards d'or revenant à la Confédération, hausse des cotisations AI (1,5% contre 1,4% actuellement), augmentation de 0,8 point de la TVA en faveur de l'AI.

Mais, dans le cadre de l'examen de la 5ème révision, une majorité du Parlement a refusé qu'on résolve la question du financement avant de connaître la version définitive de cette révision. Autrement dit, on ne désendettera l'AI que lorsqu'on sera sûr de ne pas retomber dans les chiffres rouges au niveau des budgets annuels. / FNU

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