Pollution de l’air en Suisse: dangereuse, même à bas seuil

Pour l’Association transports et environnement, Berne doit rapidement diminuer les valeurs limites de la pollution de l’air, qui provoque tous les ans près de 2300 morts. Sur le Plateau, par exemple, les valeurs mesurées en 2020 dépassaient largement la nouvelle limite fixée par l’OMS.
18 nov. 2021, 15:10
L'OMS a durci ses exigences sur la qualité de l'air.

En Suisse, la pollution due aux particules fines, au dioxyde d’azote et à l’ozone et provenant du trafic routier est parfois bien trop élevée. L’ATE Association transports et environnement demande au Conseil fédéral de revoir rapidement à la baisse les valeurs limites de la pollution atmosphérique après que l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a durci ses exigences sur la qualité de l’air.

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Selon l’OMS, les polluants atmosphériques comme les particules fines, l’oxyde d’azote ou l’ozone nuisent à la santé même dans des concentrations beaucoup plus faibles qu’on le supposait jusqu’alors, rappelle l’ATE dans un communiqué jeudi. Elle a donc récemment abaissé presque toutes les valeurs pour les polluants atmosphériques, en précisant que «le dépassement de ces nouveaux seuils est associé à des risques importants pour la santé.»

En Suisse, la pollution de l’air provoque chaque année 2’300 décès prématurés. A elles seules, les substances polluantes émises par le trafic motorisé ont des coûts externes de 4,1 milliards de francs par an. La circulation routière rejette de fortes quantités de dioxyde d’azote (NO2), de particules fines (PM 10 et PM 2,5) et d’ozone.

Pollution sur le Plateau

Une évaluation de la pollution au dioxyde d’azote montre que la qualité de l’air est insuffisante dans certaines régions de Suisse. En 2020, les valeurs mesurées à large échelle sur le Plateau dépassaient nettement le nouveau seuil de 10 μg/m3 recommandé par l’OMS. Et ce, malgré un volume de trafic très inférieur à la moyenne cette année-là, en raison du semi-confinement et du télétravail imposés au début de la pandémie.