Politique agricole 2022: le projet du Conseil fédéral ne convainc par les partis et acteurs concernés

Lancée le 14 novembre, la consultation sur le projet de politique agricole de 2022 à 2025 s'est terminée mercredi, sans convaincre les es partis et les principaux acteurs du domaine. Des lacunes sur les protections douanières et la protection de l'environnement sont notamment pointées du doigt.

06 mars 2019, 09:31
La nouvelle stratégie agricole du Conseil fédéral doit entrer en vigueur le 1er janvier 2022.

La politique agricole PA22+ voulue par le Conseil fédéral pour les années 2022 à 2025 ne convainc pas. Au terme de la consultation mercredi, les partis et principaux acteurs concernés se disent insatisfaits du projet.

La nouvelle stratégie du Conseil fédéral doit entrer en vigueur le 1er janvier 2022. Le Parlement devrait adopter le message au plus tard lors de la session de printemps 2021.

A lire aussi : Politique agricole 2022: un soutien de 13,915 milliards de francs pour l'agriculture

L'UDC salue notamment le maintien du crédit-cadre agricole et des mesures de protection aux frontières. En revanche, le parti critique les modifications apportées au système des paiements directs.

L’UDC observe également d’un œil critique le durcissement des exigences professionnelles auxquelles doivent à l’avenir satisfaire les agriculteurs pour obtenir des paiements directs. Le parti refuse aussi l’assouplissement du droit foncier rural qui défavorise les familles paysannes. Il proposera en commission le renvoi du projet et, en cas de refus, un rejet avec mandat de révision.

La question des protections douanières

Le PBD s'étonne que le projet de PA22+ ne comporte que peu de nouvelles mesures visant à orienter l'agriculture sur le marché, alors que ce point est l'une des principales demandes du Conseil fédéral.

Le PLR souligne qu'à terme, un renforcement de l'agriculture sur le marché ne peut se faire qu'en réduisant la protection douanière, une mesure que le Conseil fédéral a sorti du projet au vu du tollé qu'elle avait suscité dans les milieux paysans.

Pour le PLR, l'avenir de l'agriculture suisse réside dans une production de qualité élevée, dans un environnement libéralisé et compétitif. Pour atteindre cet objectif, il ne faut pas refuser d'emblée le débat sur un assouplissement des protections douanières.

Insuffisance écologique

Les Verts estiment que la PA22+ n'apporte pas les réponses suffisantes aux défis futurs, en particulier sur la protection de l'environnement. Pour les Verts, la PA doit se concentrer sur le développement de systèmes durables existants, comme le bio et la production intégrée.

Le PS et le PDC n'avaient pas encore pris position mercredi matin.

Les organisations paysannes défendent chacune leur créneau particulier. L'Union suisse des paysans (USP) salue un "projet sensé", qui maintient le crédit-cadre au niveau des années précédentes et elle ne touche pas à la protection douanière.

Mais la faîtière ne voit pas d'intérêt à verser une contribution d'exploitation, à régionaliser les contributions à la biodiversité, à fusionner les contributions à la qualité du paysage, ni à supprimer les contributions à l'utilisation efficiente des ressources.

Tenir compte des cantons

Dans un autre registre, l'USP demande au Conseil fédéral de retravailler les mesures d'amélioration structurelle. Il s'agit de mieux tenir compte des cantons, notamment de leur situation financière pour éviter la marginalisation de certaines régions. De plus, il convient de prolonger de quatre ans le moratoire sur le génie génétique qui se termine à la fin de 2021.