Point de vue de Sera Pantillon: «Des traditions au goût amer»

«L’armée suisse est pratiquement intouchable», déplore Sera Pantillon, présidente des Jeunes Verts neuchâtelois.
06 sept. 2019, 12:00
L'armée suisse est "quasiment intouchable", déplore la présidente des Jeunes Verts neuchâtelois Sera Pantillon.

Notes de frais astronomiques, intoxications alimentaires, bizutage des recrues, etc. Tels sont les scandales régulièrement relayés par les médias au sujet de l’armée suisse. Au point où le peuple suisse devient habitué à de telles informations. On ne s’étonne plus vraiment de savoir que des épouses de cadres supérieurs sont transportées en hélicoptère, ou que certaines recrues ne choisissent de grader que parce que le salaire est mirobolant.

Si les médias rapportent ces évènements ponctuels, le quotidien des recrues n’est, lui, pas vraiment thématisé. Pourtant, nombre de recrues tombent de haut à leur arrivée et repartent rapidement. La raison des départs réside dans les punitions humiliantes, les ordres absurdes, la privation de sommeil et l’encouragement à la violence, entre autres.

Le quotidien des recrues n’est, lui, pas vraiment thématisé.

Certaines recrues doivent systématiquement nettoyer leurs chaussures durant deux heures chaque soir, peu importe qu’elles soient sales ou propres. D’autres sont menacées de violence si elles ne montent pas leur arme à feu suffisamment rapidement. Les dysfonctionnements observés dans l’une ou l’autre des casernes ne peuvent certes pas être généralisés à l’ensemble de l’armée suisse. En revanche, le nombre de dysfonctionnements divers à tous les niveaux et dans toutes les casernes révèle un profond besoin de réforme.

Dans d’autres domaines, de tels écarts auraient depuis longtemps provoqué un soulèvement populaire. Mais l’armée suisse, elle, est pratiquement intouchable.

Il faut aujourd’hui se rendre à l’évidence: devant les dépenses gigantesques de l’armée et son fonctionnement qui vise à intimider ainsi qu’à promouvoir des valeurs qui ne sont pas dignes du 21e siècle, il est indispensable de remettre en question ces traditions au goût amer.

Nous accueillons désormais pour notre rendez-vous «Point de vue» de jeunes politiciens neuchâtelois qui s’expriment sur des sujets d’actualité qui les préoccupent.