Personnel soignant: le National veut revaloriser le métier d’infirmier

En acceptant ce mardi le contre-projet indirect à l’initiative populaire sur les soins infirmiers, le National a montré qu’il souhaitait revaloriser le métier d’infirmer. Selon les parlementaires, l’écart entre la demande en soins de la population et le personnel formé augmente toujours plus.

17 déc. 2019, 11:23
L'écart entre la demande en soins de la population et le personnel formé augmente toujours plus. (illustration)

Alors que sa population vieillit, la Suisse peine à recruter du personnel soignant. Le Conseil national veut revaloriser la profession d’infirmier. Il est entré en matière mardi sur le contre-projet indirect à l’initiative populaire sur les soins infirmiers.

La nécessité d’agir n’est pas contestée. L’écart entre la demande en soins de la population et le personnel formé augmente toujours plus. Selon des estimations, 65’000 soignants manqueront d’ici 2030, ont rappelé plusieurs parlementaires. Une grande partie du personnel soignant doit être importée, a relevé Philippe Nantermod (PLR/VS) au nom de la commission.

L’entrée en matière sur le contre-projet indirect a été acceptée par 142 voix contre 54. Seule l’UDC s’y est opposée, estimant que les mesures envisagées vont trop loin. Mais la Chambre du peuple, à l’instar du Conseil fédéral, ne devrait pas soutenir l’initiative populaire sur les soins infirmiers lancée par l’Association suisse des infirmiers.

 

 

Au deuxième jour de débat, socialistes et Verts se sont succédé à la tribune pour défendre l’initiative. Le texte demande aux cantons et à la Confédération d’investir davantage dans la formation, de reconnaître les compétences des infirmiers et de poser des conditions de travail favorables.

Problème de recrutement

La profession est dévalorisée et ne bénéficie pas des conditions qui devraient être les siennes vu le niveau de formation et de compétence des soignants et vu leurs responsabilités, a expliqué Mathias Reynard (PS/VS). Si rien ne change, on ne pourra plus donner les soins médicaux de base et il est de plus en plus difficile de recruter du personnel à l’étranger, a ajouté Franziska Ryser (Verts/SG). Il en va de la sécurité et de la vie de la population.

A lire aussi : Le Conseil national débat de l’avenir des soins infirmiers

Pour la droite, une majorité du centre et des Vert’libéraux, l’initiative ne choisit pas la bonne voie. Elle veut accorder un traitement particulier à un groupe professionnel en l’inscrivant dans la constitution. Ce n’est pas le bon moyen, a fait valoir Stefan Müller-Altermatt (PDC/SO) préférant s’engager pour le contre-projet indirect.

 

 

Cette initiative crée des différences entre le secteur privé et le secteur public, a ajouté M. Nantermod. Le Parlement ne traite pas de la planification hospitalière qui appartient aux cantons et la Confédération n’est pas l’employeur des soignants.

Pas de compétence supplémentaire

Il faut intensifier les efforts pour garantir la sécurité et la qualité des soins infirmiers, a expliqué le ministre de la santé Alain Berset. C’est pourquoi le gouvernement est prêt à soutenir le contre-projet indirect. Mais il ne veut pas autoriser les infirmiers à facturer des soins dans l’assurance de base sans prescription médicale, un point qui figure tant dans l’initiative que dans le contre-projet indirect.

Cette mesure ne permet pas de résoudre efficacement la pénurie de personnel. Elle créera une hausse des coûts à la charge de l’assurance de base et par là des primes d’assurance-maladie. Si elle est acceptée par le Parlement, que dira-t-on aux autres groupes professionnels, a ajouté M. Berset.

Le débat se poursuit avec la discussion de détail sur le contre-projet indirect. Les parlementaires décideront ensuite s’ils soutiennent ou non l’initiative populaire.