Pas de ruée sur les antibiotiques

En comparaison européenne, les Suisses recourent peu aux antibiotiques. Les Romands en consomment plus que les Alémaniques La consommation d'antibiotiques en ambulatoire en Suisse présente de grandes disparités régionales. La structure d'âge, la densité des médecins et la formation peuvent l'expliquer. Reste que les Suisses consomment moins d'antibiotiques que les Européens.

17 janv. 2006, 12:00

Même les cantons qui comptabilisent les ventes les plus élevées restent en dessous de la moyenne européenne, a indiqué hier le Fonds national suisse de la recherche scientifique (FNS). Son Programme national de recherche «La résistance aux antibiotiques» (PNR 49) analyse, pour la première fois, les chiffres de vente d'antibiotiques dans les différents cantons.

Nombre de médecins

Le fait que les personnes de plus de 65 ans consomment moins d'antibiotiques que les jeunes explique pourquoi les médecins de Genève en prescrivent trois fois plus par habitant que ceux d'Appenzell. Autre explication de l'équipe de recherche du professeur d'économie de l'Université de Lugano, Massimo Filippini: plus une région a de médecins, plus on y consomme d'antibiotiques.

Il s'avère par ailleurs que la consommation semble plutôt diminuer chez les patients au bénéfice d'une bonne formation et de revenus élevés. De plus, les Romands et les Tessinois absorbent davantage d'antibiotiques que les Alémaniques.

En revanche, un prix bas des médicaments, un fort pourcentage d'étrangers et la fréquence des infections sont aussi des facteurs stimulant la consommation d'antibiotiques. Les chercheurs tessinois étudient encore l'impact de la vente directe d'antibiotiques par les médecins, une pratique admise dans certains cantons. Les médecins pourraient y trouver un intérêt économique.

Infections bactériennes

Les antibiotiques combattent les infections bactériennes, rappelle le FNS. Inefficaces contre les maladies virales comme la grippe ou le refroidissement, ils sont pourtant encore souvent prescrits dans ces situations, ce qui contribue à augmenter la résistance bactérienne aux antibiotiques et occasionne des coûts inutiles.

Un volet du PNR 49, développé par une équipe de l'Université de Berne, met en place un système national de surveillance des résistances aux antibiotiques. Il étudiera notamment la relation entre consommation d'antibiotiques et apparition de bactéries résistantes. /ats