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Pas de retraite à 67 ans

Les Suisses devraient échapper à la retraite 67 ans. Alain Berset a les coudées franches pour concocter un projet fixant un relèvement de l'âge pour les femmes à 65 ans et une hausse des cotisations LPP pour toucher finalement la même rente.

21 nov. 2012, 17:50
Alain Berset va pouvoir aller de l'avant.

Le Conseil fédéral a défini mercredi les orientations d'une réforme de la prévoyance vieillesse, confirmant les contours des projets qui ont fait l'objet de fuites dans la presse. Son modèle - visant à consolider financièrement l'AVS et la LPP d'ici 2020 dans une approche globale - devrait être mis en consultation avant fin 2013.

Pour éviter de répéter les précédents échecs des réformes du premier et deuxième piliers devant le peuple, il faut assurer "la confiance, la sécurité et transparence", a martelé Alain Berset devant la presse. En clair, les gens doivent être certains que leurs rentes ne fondront pas et qu'elles sont garanties à long terme, selon le ministre des affaires sociales.
 
Marque socialiste?
 
"Aucun changement abrupt n'est prévu", a-t-il assuré. Pourtant, l'âge de la retraite pour les femmes devrait passer de 64 à 65 ans. Interrogé sur la patte socialiste de sa réforme, Alain Berset s'est défendu: "il s'agit désormais d'un projet du gouvernement.
 
Avant de botter en touche: "je vous rappelle qu'il y avait d'autres chiffres en discussion". L'ancien conseiller fédéral Pascal Couchepin avait suscité une levée de boucliers en prônant la retraite à 67 ans. Or, les employeurs ont fait savoir qu'ils ne sont pas intéressés à cette main d'oeuvre plus âgée, a précisé le chef de l'Office des assurances sociales Jürg Brechbühl.
 
Pour le gouvernement, la notion d'âge de la retraite devrait être abandonnée au profit d'un âge de référence identique pour les deux sexes pour toucher la rente AVS complète. Le système devrait viser une flexibilisation accrue, avec par exemple des possibilités de toucher des rentes partielles.
 
Des coups de pouces pourraient être offerts aux personnes à bas revenu pour partir à la retraite anticipée. Mais le financement et les destinataires ne sont pas encore fixés. Le gouvernement mise plutôt sur des mesures incitatives pour prolonger le maintien dans la vie active.
 
Payer plus
 
La prévoyance professionnelle (LPP) n'échappera pas au vent de réformes. Une baisse du taux de conversion est inéluctable pour tenir compte de l'allongement de l'espérance de vie. La recette d'Alain Berset consiste à augmenter les cotisations pour éviter une baisse des prestations.
 
L'âge de début de cotisation - actuellement 25 ans - pourrait être abaissé à 18 ans comme pour l'AVS/AI. La déduction de coordination LPP pourrait aussi être revue afin qu'une plus grande part du salaire soit soumis à cotisation, a expliqué M.Brechbühl.
 
En parallèle, la surveillance des assureurs-vie actifs dans le secteur du 2e pilier devrait être renforcé. L'organe de contrôle FINMA devrait à l'avenir veiller à ce que les intérêts des assurés soient préservés. Le système des participation aux excédents devrait être amélioré afin qu'une répartition équitable puisse avoir lieu entre les assurés et les actionnaires
 
Hausse de la TVA et mécanisme
 
Pour le financement de l'AVS, on escompte des besoins supplémentaires de près de 9 milliards en 2030. Alain Berset privilégie la piste d'une hausse de la TVA, même si cette taxe n'est pas considérée sociale. Une augmentation des cotisations AVS pèserait uniquement sur les générations actives, a-t-il fait savoir.
 
Enfin, le Conseil fédéral souhaite créer un mécanisme d'intervention dans l'AVS, semblable à celui prévu pour l'assurance invalidité. En substance, l'alerte serait enclenchée si les liquidités du fonds AVS tombent en dessous d'un certain seuil des dépenses annuelles, donnant lieu à des mesures d'économie.
 
Dans l'idéal, la réforme devrait entrer en vigueur en 2019 ou 2020, selon Alain Berset.
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