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Par les villes frontières

En longeant le Rhin, on passe souvent en Allemagne sans même s'en apercevoir. Découvrez la jolie histoire de la chèvre qui sauva Rheinfelden lors du siège de la ville par les Suédois Logée dans le creux entre la Forêt-Noire et le Jura, Laufenburg présente des ruelles en rangs serrés. De minuscules maisons collées forment une collerette autour de son église et des ruines de l'ancien château des Habsbourg. Au détour d'une place, le fameux pont frontière s'allonge jusqu'aux berges allemandes.

06 août 2006, 12:00

Reconstruit en pierre après les bombardements de la Première Guerre mondiale, ce lien était autrefois en bois. Le Rhin lui-même a été sécurisé, assagi. Plus de cascades, ni de rochers dominants, seulement un long écoulement vert émeraude. L'ancien poste de douane est aujourd'hui un cabinet d'architecture. «Les douaniers sont en amont, à un kilomètre», signale celui qui s'occupe de la conservation du patrimoine du lieu.

De l'autre côté du pont, rien ne signale que l'on est en Allemagne. Alors qu'en Suisse les restaurants gastronomiques affichent une carte déclinant les poissons, c'est «Le Pékin» qui fait front au Rhin. Plus haut, la vendeuse de glaces sourit à l'arrivée d'une classe d'écoliers. «Oui, nous sommes en Allemagne ici, mais Laufenburg, c'est un seul village. On parle la même langue, on a le même accent», répond-elle à une touriste. Plus bas, le postier a le même discours. Mais au moment de savoir s'il livre le courrier aussi bien en Suisse qu'en Allemagne, il se ravise. «Bien sûr que non, ma tournée s'arrête au pont.»

Sauvé par les chèvres

A une trentaine de kilomètres en direction de Bâle, la ville de Rheinfelden vit le même dilemme. Plus animée que sa voisine, cette cité de 11.000 habitants déborde d'imagination. Sur la rue centrale abritée par des remparts fort bien restaurés, des chèvres de pacotille sont mises en évidence, sur les terrasses, les fenêtres, devant les églises, dans les vitrines des magasins même.

«C'est pour rappeler l'histoire de la ville», explique la jeune femme de l'Office du tourisme, ouvert pendant la pause de midi, comme c'est rarement le cas en Suisse. «Au moment du siège de Rheinfelden par les Suédois, après des jours de combats, un tailleur perché sur les fortifications eut une idée en voyant une chèvre, raconte-t-elle. Il prit la peau de l'animal, s'y glissa et ne cessa de faire des allées et venues sous les yeux des assiégeants. Les Suédois, pensant que la ville regorgeait de vivres, renoncèrent à attaquer.»

Un concours original

Aujourd'hui, un concours de déguisement de chèvres est ouvert. Celles-ci seront vendues à titre humanitaire lors du marché d'automne les 7 et 8 octobre. Comme à Laufenburg, un pont relie Rheinfelden à Rheinfelden-Baden en Allemagne, agglomération plus commerciale. A chaque Nouvel-An, la population se réunit au milieu du fleuve où est organisé un concert de jazz. Chaque fête, qu'elle soit religieuse ou non, est l'occasion pour la commune argovienne de se rapprocher de sa jumelle allemande. / TBU

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