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Oskar Freysinger vole au secours des phoques

11 mars 2010, 11:49

Quand Oskar Freysigner s'engage contre les minarets, c'est dans l'ordre des choses. Mais quand il prend fait et cause pour les phoques, il y a de quoi s'étonner. «Mon engagement n'est pas dû à mes bonnes relations avec Brigitte Bardot», précise-t-il. «J'ai été sensibilisé au sujet par Vera Weber, la fille de l'écologiste. On ne peut plus tolérer le massacre de centaines de milliers d'animaux, parfois écorchés vifs». Une fois n'est pas coutume, l'UDC valaisan a proposé de s'aligner sur l'Union européenne pour interdire en Suisse l'importation et le commerce de tous les produits dérivés du phoque, à l'exception du produit de la chasse traditionnelle des Inuits. L'argument européen a porté, tout comme l'absence d'intérêts commerciaux de la Suisse. Reprise par la commission, la motion Freysinger a été adoptée hier par 149 voix contre 2.

Avant de devenir un mandat contraignant, cette mesure doit encore recevoir l'aval du Conseil des Etats. Celui-ci avait adopté l'an dernier un texte moins rigoureux qui autorise les chasses contrôlées par l'Etat et respectant les normes applicables à la protection des animaux. «Comment voulez-vous contrôler la chasse aux phoques?» rétorque Oskar Freysinger. «Les animaux ne sont pas tués dans un abattoir mais sur la banquise. La surface du territoire de chasse est plus grande que la France». Selon lui, il est important de s'aligner sur les règles européennes pour éviter que la Suisse ne devienne une plaque tournante du commerce des produits dérivés du phoque en Europe. La conseillère fédérale Doris Leuthard n'est pas très heureuse de l'interdiction drastique voulue par le Conseil national.

«Le Canada et la Norvège ont recouru contre la nouvelle réglementation européenne devant l'Organisation Mondiale du Commerce», relève-t-elle. «Quoique vous décidiez, toute solution devra être modifiée si l'OMC la juge trop rigoureuse». L'argument n'ébranle pas Oskar Freysinger. Il estime que le recours du Canada a peu de chances d'aboutir car l'interdiction n'entraîne pas une distorsion de la concurrence. Il note par ailleurs qu'il y a déjà un précédent avec l'interdiction de l'importation des peaux de chats et de chiens.

La chasse au phoque tue chaque année près d'un million d'animaux. Les deux tiers d'entre eux sont chassés au Canada, au Groenland et en Namibie. Les autres sont chassés en Islande, Norvège, Suède, Finlande, Royaume-Uni, Russie et Etats-Unis.

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