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«Nous sommes crédibles»

Le siège obtenu au sein du nouveau Conseil de l'ONU couronne les efforts de Micheline Calmy-Rey. La cheffe de la diplomatie se réjouit du rôle que joue désormais la Suisse sur le plan international Elue mardi soir au nouveau Conseil des droits de l?homme de l?ONU, la Suisse a désormais démontré sa capacité à jouer un rôle sur la scène internationale. C?est un succès pour la politique étrangère helvétique et la conseillère fédérale Micheline Calmy-Rey le revendique comme tel. «La Suisse fait partie depuis trois ans des Nations unies, rappelle-t-elle. Réussir à faire aboutir l?idée d?un Conseil des droits humains et obtenir un siège avec presque autant de voix que trois grands pays européens, c?est le signe que nous avons acquis une crédibilité sur le plan international». Basé au bout du Léman, le Conseil dépend directement de l?Assemblée générale des Nations unies. Il siégera pour la première fois le 19 juin à Genève. La conseillère fédérale donne ses impressions. / CIM

11 mai 2006, 12:00

Le siège obtenu par la Suisse est-il la récompense des efforts pour la création de ce nouveau Conseil?

Micheline Calmy-Rey: C'est un des éléments, oui. La Suisse s'est beaucoup engagée pour que ce Conseil puisse être mis sur pied. L'ancienne Commission des droits de l'homme s'était largement discréditée et nous avons voulu une réforme propre à donner une considération internationale accrue aux droits humains.

Nous jouissons d'une crédibilité dans ce domaine, parce que les droits humains sont depuis longtemps un point central de la politique étrangère helvétique. De plus en plus en plus d'Etats sont convaincus que leur respect est une condition de stabilité sociale et de paix.

En quoi le nouveau Conseil est-il plus crédible que la précédente commission, compte tenu de la présence de pays comme la Chine ou l'Arabie saoudite, qui ne sont pas vraiment des champions des droits de l'homme?

M.C.R.: Regardez la procédure de vote. Tous les pays élus ont pris des engagements dont la mise en oeuvre sera évaluée par un mécanisme d'examen périodique. Par ailleurs, le Conseil siégera de manière quasi permanente, si bien qu'il pourra réagir en cas de grave violation.

Nous souhaitons une rupture avec le mode de fonctionnement de l'ancienne commission, mais il faut aussi se rendre compte qu'il est indispensable de maintenir le dialogue avec les pays qui n'ont pas la même conception que nous des droits humains. Ce n'est pas avec des leçons données par un groupe d'Etats «parfaits» que l'on obtiendra des résultats.

L'absence des Etats-Unis est-elle un handicap?

M.C.R.: Nous avons souhaité qu'ils participent de façon constructive à la mise en place du Conseil. Ils n'excluent pas de s'impliquer ultérieurement. Nous nous en réjouissons.

Outre un meilleur fonctionnement, quels sont les objectifs poursuivis par la Suisse au sein du Conseil?

M.C.R.: Tout simplement faire des progrès en matière de droits humains. Nous allons continuer à les intégrer systématiquement dans les objectifs de politique étrangère et de notre politique de développement. L'expérience du terrain montre qu'il n'y a pas de paix, de stabilité et de développement sans respect des droits humains.

Est-ce cette priorité accordée au respect des droits de l'homme qui explique votre retenue par rapport aux nouvelles lois sur l'asile et les étrangers?

M.C.R.: La Suisse est connue comme un pays qui respecte les droits de ses citoyens et qui leur attribue de larges prérogatives. Cela fait notre crédibilité et notre image sur la scène internationale. Il est vrai que je me pose des questions quand je vois le chemin que nous prenons, par exemple avec les nouvelles lois sur l'asile et les étrangers.

Vous pensez que cela va nuire à la crédibilité de la Suisse?

M.C.R.: J'espère que non, mais je suis en souci.

Vous insistez pour parler de droits humains plutôt que de droits de l'homme. Ne craignez-vous pas que cette tirade féministe nuise au but recherché?

M.C.R.: D'abord, ce n'est pas une tirade féministe. Les droits de l'homme qui sont nés lors de la révolution française étaient vraiment les droits de l'homme. Ils n'incluaient pas les femmes.

Ensuite, nous avons une tradition un peu différente en Suisse. Jean-Jacques Rousseau parlait des droits de l'humanité. Et nous avons aussi des références universelles. On parle par exemple de «Menschenrecht» ou de «Human rights». Le véhicule de la langue n'est pas innocent et nous avons besoin d'une terminologie adéquate.

Il est important à mes yeux de reconnaître que les droits de la femme ou encore ceux de l'enfant font partie des droits humains. On ne peut pas les réduire à ce qu'ils étaient à l'origine, à savoir les droits des Messieurs. / CIM

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