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Non aux migrants économiques

27 juin 2011, 11:32

Interpellée vendredi par les cantons, la ministre de la justice Simonetta Sommaruga plaide pour plus de fermeté avec les requérants d'asile dont le comportement laisserait à désirer. «Nous devons veiller à l'ordre», a-t-elle confié dans l'entretien à l'hebdomadaire alémanique «SonntagsBlick».

Au lieu de recevoir de l'argent de poche, les «clients difficiles» devraient obtenir des bons afin d'éviter qu'ils puissent acheter de l'alcool. Si nécessaire, et dans certains cas particuliers et fondés, les cantons pourront ordonner une interdiction de sortie ou d'accès à une zone, a déclaré la conseillère fédérale.

Simonetta Sommaruga promet dans le même temps de traiter aussi rapidement que possible les demandes de migrants économiques. «En provenance d'Afrique du Nord, il y a surtout des migrants économiques. Ils n'ont aucun droit à l'asile», estime la conseillère fédérale socialiste.

DDPS tancé

Le Département fédéral de justice et police, office des migrations (ODM) en particulier, n'est pas seul responsable des critiques adressées par la Conférence des directeurs cantonaux de la justice. Le Département de la défense en prend aussi pour son grade, d'après Philippe Leuba.

Selon le ministre vaudois de la justice, le Département d'Ueli Maurer n'a pas montré «beaucoup d'entrain» à mettre à disposition des cantonnements militaires inutilisés pour loger les requérants d'asile. «Il a fallu taper sur la table», déclare Philippe Leuba dans une interview au «Matin Dimanche».

Les cantons réclament depuis six mois une telle solution pour loger les requérants d'asile. «Nous avons eu d'énormes difficultés à mettre les deux départements (de M. Maurer et Mme Sommaruga) autour de la table. Mais maintenant ça va mieux», relève le Vaudois qui annonce la mise sur pied d'un groupe de travail au niveau fédéral qui comprend également deux représentants des cantons, de Vaud et des Grisons. «Et enfin on avance».

Soulager les cantons

Ces cantonnements sont appelés à recevoir des requérants dont on sait qu'ils ne pourront pas rester en Suisse. Ils serviraient à soulager les cantons des réfugiés économiques qui ne devraient pas leur être transmis. «Les attribuer à un canton, c'est leur donner de faux espoirs», souligne Philippe Leuba. Il y a aussi les «cas Dublin», soit les personnes qui n'obtiendront pas l'asile en Suisse car elles ont déjà déposé une demande dans un autre pays européen.

Vendredi, des logements pour militaires offrant jusqu'à 230 places au col du Jaun et dans la région du col du Brünig ont été mis à disposition pour six mois. D'autres centres devraient bientôt ouvrir dans les cantons d'Uri et des Grisons. Les lieux exacts ne sont pas encore connus. Au total, ces quatre centres pourraient héberger jusqu'à 450 personnes, ce qui reste insuffisant.

Pour Philippe Leuba, on peut imaginer une solution militaire en Suisse romande. Rappelant que Vaud accueille déjà le centre d'enregistrement de Vallorbe, un des quatre de la Confédération, le conseiller d'Etat relève que les efforts doivent être répartis entre les cantons si on veut éviter des tensions. C'est une question de solidarité. / ats

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