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«Ne jouons pas avec le feu»

Le Conseil fédéral défend le milliard suisse aux dix nouveaux pays membres, soumis à votation le 26 novembre. Un non du peuple risque d'affecter les relations entre la Suisse et les Vingt-cinq Micheline Calmy-Rey, Doris Leuthard et Hans-Rudolf Merz: quand on parle d'Europe, les conseillers fédéraux viennent affronter la presse en masse. La question de l'arrêté fédéral sur l'aide à l'Est (milliard de cohésion), présentée hier à Flims, n'a pas fait exception. Car en votant sur ce texte législatif le 26 novembre, les Suisses décideront du sort de l'aide fournie aux dix nouveaux pays membres de l'Union européenne (UE). Une affaire très contestée, le soutien des citoyens étant très loin d'être acquis.

27 sept. 2006, 12:00

Le sujet est délicat. Les mots utilisés dans ce dossier sont chargés de malentendus. Le Conseil fédéral a voulu les dissiper. Petite revue.

La cohésion: lorsqu'on parle de l'aide suisse aux nouveaux pays membres de l'UE, on parle souvent de cohésion. En substance, «il s'agit de diminuer les disparités sociales et économiques dans ces pays», a rappelé la cheffe de la diplomatie helvétique, Micheline Calmy-Rey.

En ce sens, l'objectif poursuivi par la Suisse est le même que celui du Fonds de cohésion de l'Union européenne. Mais la Suisse gardera la haute main sur toute l'affaire. «Nous n'allons rien payer dans la caisse commune», a souligné la ministre des Affaires étrangères.

Le milliard: quand on discute du montant total qui sera alloué aux dix nouveaux membres de l'UE, le trouble dans le public est à son comble. Les trois conseillers fédéraux se sont donc efforcés d'éliminer certaines confusions. Au total, les pays destinataires recevront un milliard de francs.

Dans la pratique, le versement s'étalera sur dix ans à raison de 100 millions de francs par an. Micheline Calmy-Rey a souligné que la Suisse a consenti cet effort en toute indépendance: «Ce montant n'a pas été négocié. Nous avons simplement dit ce que nous étions prêts à fournir.»

Le vote ne porte que sur le financement: Ici, Micheline Calmy-Rey s'est emportée. «Ceux qui prétendent qu'il ne s'agit que d'une question de financement se trompent. Il s'agit d'une question politique! Il ne faut donc pas jouer avec le feu!»

Pour la ministre des Affaires étrangères, ceux qui avancent cet argument sont en réalité opposés au projet sur le fond de la question et non pas sur la forme du financement. «L'idée que nos relations avec nos partenaires ne seront pas affectées par un vote négatif est une erreur!», a surenchéri Doris Leuthard.

Le montant aurait pu être entièrement compensé: Hans-Rudolf Merz et ses deux collègues se faisaient des risettes. Mais ils ont clairement laissé entendre que le compromis de financement actuel (30% pour le Département fédéral des finances, 30% pour le Département fédéral de l'économie et 40% du budget général) est le fruit d'une âpre négociation et qu'un non n'allait pas déboucher sur une solution différente.

Le ministre des Finances a aussi dissipé l'idée que les revenus de la fiscalité de l'épargne permettront d'éviter de grever le budget général. Toute prédiction en la matière reste, selon lui, extrêmement incertaine. / ERE

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