Minorités linguistiques mieux représentées

Les minorités linguistiques devraient à l'avenir être mieux représentées au sein de l'administration fédérale. Obligé par le Parlement d'agir, le Conseil fédéral a décidé de créer un poste de délégué au plurilinguisme et d'engager des traducteurs.

05 juin 2010, 12:30

L'ordonnance sur les langues approuvée hier par le gouvernement entrera en vigueur le 1er juillet. Il y est prévu que les départements et la chancellerie fédérale veillent à employer 70% de germanophones, 22% de francophones, 7% d'italophones et 1% de romanchophones. Ces quotas sont avant tout indicatifs.

Si ces proportions sont à peu près déjà respectées sur l'ensemble de l'administration, il existe toutefois de fortes variations, les Alémaniques étant surreprésentés dans certains départements et surtout dans les fonctions dirigeantes, comme l'avait démontré une étude publiée l'an dernier. Or l'ordonnance ne fixe aucun quota pour les cadres.

Elle se contente de préciser qu'ils devront disposer de connaissances actives de deux langues officielles et passives de la troisième. Comme les autres employés, ils seront encouragés à suivre des cours de langue. Un poste de délégué au plurilinguisme sera créé afin de sensibiliser les ressources humaines des organes fédéraux au respect des minorités linguistiques.

Mais pour le conseiller fédéral Didier Burkhalter, il est exclu de mettre au concours des postes réservés à une seule communauté linguistique. «Ce serait contre-productif», selon lui. Et d'expliquer en substance qu'il ne s'agit pas de forcer les changements mais d'engager «un processus».

Le Neuchâtelois se dit convaincu que les mesures proposées permettront d'améliorer l'attractivité de certains postes auprès de francophones ou d'italophones. L'ordonnance prévoit la création de 16 postes de traducteurs supplémentaires.

Le Conseil fédéral veut doubler les échanges scolaires entre les différentes communautés linguistiques afin de renforcer la cohésion nationale. Actuellement, chaque année, quelque 15 000 jeunes font un tel échange, a précisé Didier Burkhalter.

Parmi les autres mesures prévues figurent un soutien aux cantons plurilingues et le maintien de l'aide de 7 millions de francs aux Grisons et au Tessin pour la promotion du romanche et de l'italien. Enfin, 1,5 million sera accordé à l'Université et à la Haute école pédagogique de Fribourg pour développer un centre de compétence du plurilin guisme.

Au total, les moyens financiers à disposition se monteront à 15 millions de francs, contre 9 à 10 millions actuellement. Sur cette somme, 5,5 millions seront versés à des partenaires externes comme la Fondation ch chargée de promouvoir la compréhension et les échanges linguistiques entre les différentes communautés.

Du côté des minorités latines, l'accueil est positif. Le président d'Helvetia Latina Dominique de Buman (PDC /FR) se dit «agréablement surpris» de l'instauration des quotas.

Il est nécessaire que ceux-ci s'appliquent à tous les échelons de l'administration, souligne le conseiller national. Sa collègue Chiara Simoneschi (PDC /TI) se réjouit de voir «le début d'une vraie administration plurilingue». /ats