Menace d’une crise alimentaire: il faut arrêter l’agriculture biologique, dit le chef de Syngenta

Selon Erik Fyrwald, les rendements de l’agriculture biologique peuvent être jusqu’à 50% inférieurs selon les produits, ce qui augmente la menace d’une crise alimentaire à travers le monde.
08 mai 2022, 08:42
L'agriculture biologique favorise la consommation de terrains, car elle nécessite de plus grandes surfaces, assure M. Fyrwald. (archives)

Face à la menace d’une crise alimentaire mondiale, le patron de Syngenta, Erik Fyrwald, appelle à abandonner l’agriculture biologique. Les pays riches ont l’obligation d’augmenter leur production agricole afin d’éviter une catastrophe mondiale, selon lui.

Les rendements de l’agriculture biologique peuvent être jusqu’à 50% inférieurs selon les produits, déclare le directeur général de Syngenta, le fabricant bâlois de produits phytosanitaires et producteur de semences dans un entretien diffusé dimanche par la NZZ am Sonntag. «La conséquence indirecte est que des gens meurent de faim en Afrique, parce que nous mangeons de plus en plus de produits biologiques», affirme-t-il.

L’agriculture biologique favorise la consommation de terrains, car elle nécessite de plus grandes surfaces, assure M. Fyrwald. Elle nuit également au climat, car les champs sont généralement labourés, ce qui augmente les émissions de CO2, ajoute-t-il.

Une troisième voie

Bien que Syngenta produise des pesticides et des semences génétiquement modifiées, il conteste l’accusation de s’opposer l’agriculture biologique pour les intérêts de l’agrochimiste bâlois, contrôlé par le groupe étatique chinois Chemchina depuis 2017. «L’ensemble de la branche réalise des bénéfices élevés avec le biologique, parce que les consommateurs sont prêts à payer beaucoup pour cela».

M. Fyrwald plaide pour une troisième voie dans l’agriculture, c’est-à-dire ni uniquement conventionnelle ni uniquement biologique. Son concept d’agriculture dite régénérative reprend de l’agriculture biologique la rotation des cultures et mise en même temps sur l’utilisation ciblée de pesticides et d’OGM pour augmenter les rendements.

En raison du Covid-19 et de conditions météorologiques extrêmes, les prix du maïs, du soja et des céréales avaient déjà augmenté avant la guerre en Ukraine, constate-t-il. Avec l’invasion russe de l’Ukraine, qui nourrit 400 millions de personnes, la crise alimentaire mondiale représente un grand danger, estime-t-il.

par Keystone - ATS