Médias: les Suisses consomment plus d'information sur Internet qu'à la télé

Il fut un temps où se tenir informé passait très souvent par la télé. Aujourd'hui, les Suisses consomment davantage l'actualité sur des médias en ligne, mais via des sites intermédiaires, tels que Facebook ou Google. Ce qui entraîne une péjoration des contenus.
23 oct. 2017, 14:06
Pour les utilisateurs âgés de 18 à 24 ans, les médias sociaux (24%) sont après les sites d'actualités (34%) la 2e plus importante source de nouvelles.

En Suisse, plus de 40% des utilisateurs des médias s'informent principalement sur les sites d'actualités (32%) ou via les médias sociaux (9%). Cette "plateformisation" met le journalisme professionnel sous pression.

Pour les utilisateurs âgés de 18 à 24 ans, les médias sociaux (24%) sont après les sites d'actualités (34%) la 2e plus importante source de nouvelles, indique l'étude Annales 2017 sur la qualité des médias de l'institut fög. La télévision est le canal préféré de seulement 14% du plus jeune groupe d'utilisateurs, alors qu'elle constitue la source d'informations la plus utilisée par les groupes d'âge plus avancés.

Hausse des intermédiaires

Lorsque les Suisses consomment des nouvelles en ligne, ils le font de plus en plus souvent sur des plateformes d'intermédiaires, comme Facebook ou Google. Environ 30% des lecteurs ne consomment plus l'information sur les sites de marques de médias spécifiques. On peut supposer que ce groupe d'utilisateurs deviendra encore plus important à l'avenir, conformément à la tendance internationale.

Il existe toute une série de nouveaux médias alternatifs, comme uncut-news.ch ou legitim.ch, a expliqué Linards Udris de l'institut fög. Par rapport à 20minuten.ch ou blick.ch, de nouvelles offres indépendantes ou plus régionales ont peu d'écho. Il est difficile de prévoir si les nouveaux projets en ligne alémanique Republik et romand Bon pour la tête réussiront à augmenter leur couverture.

Toutefois, ces offres atteignent parfois une couverture proche de celle des médias professionnels, voire supérieure. Un reportage de legitim.ch diffusé sur Facebook a ainsi récolté 4000 réactions. Sur cette même plateforme, les journaux professionnels atteignent en moyenne 300 réactions.

Les jeunes en particulier ne font plus le lien entre les nouvelles consommées et les véritables producteurs de ces contenus, souligne M. Udris. Pour eux, ils "lisent un article sur Facebook" et non un article de la NZZ publié sur Facebook, a exemplifié Anne-Friederike Heinrich, rédactrice en chef de Werbewoche lors de la table ronde.

Facebook diminue la qualité

De plus, Facebook influence négativement la qualité, comme l'a montré une analyse de l'offre médiatique sur la plateforme en 2016, relèvent encore les auteurs de l'étude. Partant du principe que le réseau social joue avant tout sur l'émotion, les diffuseurs de médias traditionnels ont tendance à proposer sur Facebook une qualité de contenus inférieure comparée à celle offerte sur leurs propres canaux.

C'est le cas notamment pour les médias romands Le Temps, 24 heures et 20 Minutes. Six médias, dont RTS Info ou Le Matin, proposent une qualité équivalente sur le média social et sur leur site. Ils arrivent néanmoins à déclencher de nombreuses réactions sur les réseaux sociaux. Seule la NZZ offre une qualité plus élevée sur Facebook que sur son site.

Autre constat-clé de l'étude, une embellie globale sur Internet. De nombreux diffuseurs continuent à fournir sur leurs sites une offre journalistique exigeante. La qualité a même fortement augmenté depuis trois ans pour les sites d'actualités professionnels, qui ont été pendant longtemps moins efficaces que leurs homologues de la presse écrite et de la radio.