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Les troupes russes poursuivent leur avance en territoire géorgien

Des troupes russes ont avancé hier en Géorgie, pénétrant pour la première fois hors des régions séparatistes prorusses d'Ossétie du Sud et d'Abkhazie. L'armée géorgienne se préparait à défendre la capitale, Tbilissi. Dans la soirée, le président géorgien Mikheïl Saakachvili a affirmé dans une allocution télévisée que les forces russes occupent «la majeure partie du territoire» géorgien. Les autorités de Tbilissi assurent que la Russie veut renverser le gouvernement géorgien. Le secrétaire du Conseil de sécurité géorgien, Alexandre Lomaïa, a indiqué que les forces russes occupaient hier soir Gori, ville natale de Joseph Staline, considérée comme un n?ud stratégique entre l'est et l'ouest du pays, à 90 km de la capitale.

12 août 2008, 12:00

Le Ministère russe de la défense a cependant démenti hier la présence de troupes russes dans cette ville, dont près de 80% des 50 000 habitants ont fui par peur des bombardements russes, selon le Haut commissariat aux réfugiés (HCR).

Moscou avait annoncé auparavant l'entrée de troupes russes près de Senaki, ville située dans l'ouest de la Géorgie à plus de 150 km de l'Ossétie du Sud et à une cinquantaine de l'autre région séparatiste géorgienne, l'Abkhazie. L'armée russe a justifié cette opération par la nécessité d'empêcher les forces géorgiennes de se regrouper pour attaquer l'Ossétie du Sud. Moscou a affirmé que l'aviation et l'artillerie géorgiennes bombardaient hier soir Tskhinvali, la capitale ossète. Côté géorgien, l'aéroport international, la banlieue de Tbilissi ainsi que les villes de Gori et de Poti, port sur la mer Noire près d'un terminal pétrolier, ont été bombardés par l'aviation russe dans la nuit de dimanche à hier.

Selon le commandement russe, les pertes en Ossétie du Sud s'élèvent à 18 soldats tués, 52 blessés et 4 avions abattus. Quatorze militaires sont portés disparus. Entre «18 et 19» (bien 18 et 19) avions militaires russes ont été abattus et «des centaines de soldats russes» tués dans les combats, selon Tbilissi. Aucun bilan indépendant n'était disponible.

La Russie a par ailleurs déployé 9000 soldats supplémentaires en Abkhazie, qui s'ajoutent aux 2500 soldats déjà présents.

Les troupes abkhazes ont affirmé encercler les forces géorgiennes présentes dans les gorges de Kodori, seule partie de l'Abkhazie contrôlée par Tbilissi. Les forces russes avaient demandé aux combattants géorgiens se trouvant dans la zone de «remettre leurs armes» hier matin, un ultimatum rejeté par la Géorgie.

Pendant ce temps, un ballet diplomatique se poursuivait pour pousser les deux camps à un arrêt des hostilités, avec des tentatives de médiation menées notamment par la présidence française de l'Union européenne. Moscou est toutefois resté sourd aux appels à un cessez-le-feu immédiat. Le premier vice-premier ministre Sergueï Ivanov a écarté les propositions de l'UE, estimant que Tbilissi devait négocier directement la fin du conflit avec les régions concernées.

Selon le chef de la diplomatie française Bernard Kouchner, le président géorgien a «accepté à peu près toutes les propositions» de l'Union européenne et de l'OSCE. Le plan européen prévoit la cessation des hostilités, le déploiement d'une force de maintien de la paix russo-géorgienne et le retour des troupes sur les positions antérieures au conflit.

Le président français Nicolas Sarkozy est attendu aujourd'hui à Moscou pour «tenter de finaliser» un accord de cessez-le-feu.

La situation humanitaire en Ossétie du Sud et en Géorgie a été qualifiée de «très grave» par le Comité international de la Croix- Rouge (CICR), qui se prépare à envoyer 15 tonnes de médicaments et de matériel médical. Plusieurs pays ont rapatrié leurs ressortissants. La Suisse elle aussi a invité ses citoyens à quitter la Géorgie. / ats-afp-reuters

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