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Les libéraux-radicaux genevois font souffler un vent de révolte

L'assemblée des délégués du Parti libéral-radical a accouché au forceps d'une position commune. La fronde est venue de Genève… qui maintient un vent de révolte.

26 avr. 2010, 12:01

Divisé depuis plusieurs semaines par des querelles intestines, le Parti libéral radical (PLR) a-t-il retrouvé son unité? Il est permis d'en douter après l'assemblée des délégués qui a adopté, samedi à Berne, une stratégie pour la place financière suisse. Le président Fulvio Pelli veut y croire. A l'issue de l'assemblée, il a appelé les délégués à respecter la démocratie interne du parti. Un espoir vite déçu. Dans la soirée, le Parti libéral et le Parti radical genevois publiaient déjà un communiqué commun dans lequel ils affichent leur mécontentement.

Les débats ont opposé les défenseurs de la place financière à ceux de l'industrie d'exportation qui ne veulent pas payer les pots cassés de la crise fiscale. Ils ont été houleux. Dans un moment d'énervement, le président des libéraux genevois Michel Halperin s'est même demandé si sa formation était encore identifiable au PLR. Soucieux de protéger leur place bancaire, les Genevois avaient entraîné à leur suite les sections vaudoise et valaisanne pour tenter d'infléchir la nouvelle orientation du PLR. Presque toutes les propositions d'amendement ont été déposées conjointement par ces trois sections, soutenues par l'aile zurichoise. Avec un bémol pour les Valaisans qui se sont embarqués sur ce bateau par solidarité romande et n'ont pas voté tous les amendements. «Nous avons surtout voulu susciter le débat», explique le président de la section valaisanne Georges Tavernier

Formellement, Fulvio Pelli a emporté la mise. Par 213 voix contre 113, l'assemblée a décidé que le PLR devait s'engager «pour une place industrielle et financière suisse «propre» et forte». Toute la discussion a porté sur le mot «propre», synonyme dans ce contexte d'argent déclaré au fisc. Les représentants de l'Arc lémanique et l'aile financière zurichoise ont tenté en vain d'éliminer ce terme ou du moins de l'associer à l'ensemble de la place économique et pas seulement à la place financière. Réponse de Fulvio Pelli: «Si on biffe le mot «propre», ça veut dire «sale» aux yeux de l'opinion publique. Nous devons dire clairement ce que nous voulons. L'enjeu est la place financière suisse, pas l'économie en général. Elle doit travailler avec d'autres priorités que par le passé».

Après cette entrée en bouche, le débat a porté principalement sur les règles de conduite imposées aux clients étrangers des banques. La direction du parti avait déjà laissé tomber l'idée de demander aux banques de contrôler si les avoirs déposés chez elle ont été déclarés au fisc. Ce projet avait suscité un tollé dans le parti. Par contre, elle a défendu samedi l'idée d'une auto-déclaration des clients. C'est encore trop pour les défenseurs de la place bancaire. «C'est une proposition discriminatoire qui met l'intermédiaire financier dans une situation impossible», s'exclame la Genevoise Martine Brunschwig-Graf. «Que se passera-t-il si le client ment?» Christian Lüscher renchérit: «Nous sommes le seul pays au monde à penser à une telle mesure. C'est inapplicable et contraire aux intérêts de la place financière suisse». Fulvio Pelli rétorque que cette mesure ne concernerait que les pays avec lesquels la Suisse a passé une convention. Au vote, l'auto-déclaration a été soutenue par 181 voix contre 148.

Pour le reste, le PLR continue à défendre le secret bancaire et à rejeter l'échange automatique d'informations entre les banques et le fisc. Il s'oppose toujours à la suppression de la distinction entre fraude et évasion fiscale mais il préconise une délimitation en fonction de la gravité matérielle du délit fiscal.

Au final, pas de révolution et une unité de façade pour un parti qui vise 20% des voix aux élections fédérales de l'an prochain. /CIM

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