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Les hôpitaux veulent se mettre au centre des réseaux de soins

Les hôpitaux souhaitent que les réseaux de soins soient développés autour d'eux.

22 nov. 2012, 16:16
taximartigny

Après l'introduction du nouveau financement hospitalier et le rejet du "Managed Care" cette année, les hôpitaux veulent garantir leur place à l'avenir. Ils plaident pour des réseaux de soins organisés autour de l'hôpital. Les mesures concoctées pour sauver les médecins de famille leur paraissent dépassées.

"L'introduction du nouveau financement hospitalier (SwissDRG) contraint les hôpitaux à agir en entrepreneurs, à concentrer les prestations aux patients, voire à se regrouper", a relevé jeudi Bernhard Wegmüller, directeur de H+, la faîtière des hôpitaux, lors d'un séminaire. Mais des correctifs sont nécessaires pour éviter un financement insuffisant à moyen terme.
 
Il exige une révision du système de tarification des soins TARMED et une adaptation du SwissDRG afin de freiner la privatisation des prestations les plus lucratives tandis que les mal rémunérées finissent dans l'ambulatoire. "Car à l'avenir, les hôpitaux vont assumer un rôle croissant dans la médecine de base", pronostique M. Wegmüller.
 
D'où l'importance de les mettre au centre comme "pilier des soins intégrés, avec une prise en charge des patients autant avant qu'après un séjour hospitalier", estime le directeur. Il importe dès lors que l'Etat ne soutienne pas seulement les médecins de famille mais aussi les hôpitaux en tant que prestataires de soins de base.
 
Médecine de famille: un modèle dépassé
 
Dans ce sens l'initiative "Oui à la médecine de famille" n'est pas du tout adaptée, puisqu'elle ne vise à soutenir qu'une catégorie de médecins. "A côté des médecins de premier recours, il y a plein d'autres acteurs comme les hôpitaux, les pharmacies ou les institutions spécialisées qui jouent aussi un rôle primordial", selon M. Wegmüller.
 
Pour Willy Oggier, économiste de la santé, les politiques font actuellement fausse route. Au lieu d'inciter les hôpitaux publics à développer les soins intégrés, ils leur imposent des contraintes supplémentaires comme sur l'échange d'informations: "On exige beaucoup des hôpitaux mais rien des médecins de famille", estime-t-il.
 
Selon lui, les débats pour sauver les médecins de famille occultent complètement les vrais défis auxquels est confronté le secteur de la santé. Comment un médecin, seul dans son cabinet, va faire face à la multiplication des polymorbidités liée au vieillissement de la population, se demande-t-il. "Le monde politique a une vision romantique du médecin de famille, complètement dépassée".
 
Améliorer les tarifs
 
H+ suit de près les travaux du conseiller fédéral Alain Berset pour revaloriser la médecine de famille. La faîtière est d'ailleurs étroitement associée au plan directeur du ministre de la santé qui vise à trouver des solutions à la pénurie de médecins.
 
"Dans ce cadre, nous soutenons deux mesures ciblées, soit une révision du TARMED qui ne profite pas seulement aux généralistes mais aussi au personnel travaillant en hôpital ainsi qu'une adaptation des tarifs des analyses en laboratoire", indique M. Wegmüller.
 
Il n'y a pas que les médecins de premier recours qui ont des difficultés financières; les hôpitaux font chaque année 420 millions de francs de déficits dans le secteur ambulatoire, rappelle le directeur de H+.
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